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TEST : Soul Reaver 1 & 2 Remastered – La Résurrection Inespérée

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

À l’orée de l’an 2000, une saga vidéoludique capte l’attention d’une grande majorité des joueurs. Construite petit à petit au travers de deux séries de jeux distinctes mais liées par un tronc et un univers commun, Legacy of Kain marque son temps. Après deux Blood Omen, deux Soul Reaver et un Defiance faisant une fusion des deux récits – très alambiqués – la franchise s’est tue, au grand dam de beaucoup.

Restée dans la mémoire des gamers qui réclament encore et toujours la suite des aventures de Raziel et Kain, Aspyr et Crystal Dynamics nous offrent aujourd’hui rien de moins qu’une ressortie des Soul Reaver dans une compilation « revue et corrigée », dans la lignée de leur travail sur les Tomb Raider dit classiques (autre vieille licence d’Eidos Interactive).

Retour donc à Nosgoth pour fouler de nouveau ces terres maudites, 25 ans après notre première excursion…

LES AILES DE L’ENFER

Kain règne sans conteste sur tout le territoire. L’heure est au règne terrifiant des créatures des ténèbres. Parmi ses lieutenants, Raziel, à son service depuis un millénaire. Mais aujourd’hui le serviteur a dépassé le maître. Fruit d’une énième mutation obtenue au fil du temps et des âmes des pauvres hères absorbées, désormais des ailes garnissent le dos de l’allié fidèle.

Mais le tout-puissant souverain maléfique ne l’entend pas de cette oreille. Qu’un sbire ose arborer un tel avantage, qu’un sous-fifre défie même involontairement son statut d’autorité, qu’une de ses créations se voit attribuer une telle évolution et pas lui… c’en est trop pour le leader des vampires ! Ni une ni deux il châtie son disciple en lui arrachant les ailes avant de le condamner à la damnation éternelle dans le puits des âmes.

Après un séjour d’une durée incalculable à vivre un tourment indescriptible, Raziel parvient malgré tout à survivre à cette épreuve abominable. Revenu parmi les vivants, il n’aura de cesse de se venger de son ancien mentor…

Qui ne se souvient pas de cette introduction aussi impactante qu’efficace ? En quelques minutes l’ambiance était posée, les enjeux clairement établis et notre antihéros du jour (ou plutôt de la nuit !) présenté avec une puissante intensité.

Ce bon vieux Raziel, bien qu’émacié jusqu’au os, garde une classe indéniable et celle-ci est magnifiée d’autant plus dans cette version haute définition de ses aventures. Une fois de plus Aspyr a réalisé un travail d’orfèvre dans sa « mise à niveau » : ce sont les jeux originaux mais tels qu’on s’en souvient et non pas tels qu’ils furent réellement.

Cela veut donc dire ce que ça veut dire : ce sont exactement les mêmes aventures. Il n’y a pas de niveau en plus (quoique, quoique… on en reparle plus loin…), les doublages sont ceux que nous avons toujours connus (et ils étaient parfaits), les musiques également demeurent semblables. « Seuls » le relooking des textures et une adaptation des boutons pour les manettes modernes ont été remodelés sur les deux titres.

À dire vrai, on trouve d’autres nouveautés, que l’on pourrait qualifier d’anecdotiques. À moins que ce ne soit absolument indispensable, c’est selon le point de vue de chacun. Une boussole et une carte font donc leur apparition pour apporter une aide au joueur lorsqu’il doit trouver son chemin. Toutefois même avec ses indications fort bienvenues, il arrive qu’on s’interroge sur notre prochaine étape…

Un système permet également de savoir si tous les collectibles d’un lieu ont été découvert, ce qui poussera à plus d’exploration afin de compléter au mieux chaque segment (là on va être honnête, nos souvenirs nous trahissent car il nous semblait que c’était déjà le cas auparavant…).

Et l’ajout du mode photo, ne l’oublions pas. Ce dernier propose moins d’options que pour l’archéologue britannique mais quelques futures mises à jour devraient venir garnir assez rapidement ses possibilités.

Et bien entendu Trophées et autres Succès font leur entrées, mais là rien d’étonnant… Avis aux complétistes !

Cependant si on compare avec leur travail précédent (les Tomb Raider Remastered I à III donc) l’effet est moins spectaculaire quand on zappe d’une version à l’autre, autrement dit du Classique au Moderne. Faut dire aussi qu’on parle là de jeux sortis sur PS2 et Dreamcast (pour le premier épisode du moins), donc le « décalage » est moins flagrant – bien que présent, ne nous faites pas dire ce qu’on a pas dit !

Les versions originales restent quand même fortement « lissées » et rien qu’à ce niveau-là la comparaison avec les anciennes itérations fait son petit effet. Les cinématiques, déjà bluffantes il y a un quart de siècle, retrouvent une seconde jeunesse, expurgées de toute trace d’aliasing et restaurées à un niveau de finesse qui laisse admiratif. La réussite de ces dernières est bien la preuve que déjà en son temps, la saga Legacy of Kain offrait ce qu’il y avait de meilleur dans le jeu vidéo…


L’HÉRITAGE DE KAIN

Là où cette version Remaster va cependant vraiment se démarquer se trouve dans la section « Bonus », juste hallucinante de contenus en tout genre. Tout aussi intéressante que les jeux en eux-mêmes, l’énumération succincte des différentes sections fera montre de l’incroyable travail d’archiviste des développeurs de cette compilation. Du vrai bon boulot !

On trouve tout d’abord dans la Galerie nombre d’images de production (Story-Board, concept art, croquis de personnages…), une chronologie complète de la saga, des photos des équipes de Crystal Dynamics de l’époque, entre autres choses. On peut y découvrir aussi une présentation des doubleurs VO, un historique assez complet de Nosgoth et même des cosplays amateurs ou des fanarts (qui doivent être ravis de se voir dans leur jeu favori !).

L’onglet Musique propose quant à lui rien de moins que les bandes originales complètes des deux titres. Juste comme ça, c’est cadeau. Un régal.

Ha ! Avec les Niveaux Perdus, on a droit ici à une vraie surprise sortie de derrière les fagots ! Exhumés des disques durs de développement de l’époque et pour la première fois accessibles aux joueurs, les stages supprimés de Soul Reaver nous emmènent dans des décors virtuels jamais aboutis mais qui furent quand même « construits » en partie.

Alors certes ce ne sont que des « coquilles vides », sans ennemis, sans énigmes, sans rien mais pouvoir parcourir cette petite quinzaine de lieux – uniquement en mode classique – reste un vrai plaisir de fan.

Dans Légende de Nosgoth, on entre rien de moins que dans un guide touristique du pays. À la fois dans sa version ‘Pure’ mais aussi ‘Corrompue’… Une autre manière d’en apprendre plus sur le lore.

Vidéos est assez explicite sur ce que cela propose. On y trouve les deux introductions cinématiques et les crédits originaux mais le plus intéressant n’est pas là. Car nous sont aussi proposées toutes les démos de gameplay de l’époque, le premier trailer de Soul Reaver 2 et surtout toutes les scènes coupées des jeux ! Avec même des extraits filmés des séances d’enregistrements des comédiens de doublage ! On déguste ces images avec délectation, ravi de découvrir des moments de vie qui nous montrent l’envers du décor au plus proche. Passionnant mais malheureusement en anglais non sous-titré…

Chroniques des Ténèbres est là encore un bonus hallucinant à parcourir. Il ne s’agit rien de moins que des scripts complets des deux titres ! Oui oui vous avez bien lu. Soul Reaver est en anglais mais le texte du 2 est en Français ! Le genre de choses auxquelles nous n’avons jamais accès d’habitude… ce qui les rend d’autant plus précieuses !

Et pour finir, les Crédits modernes de ces remasters.

Comme vous pouvez le constater avec ce listing plus ou moins exhaustif, la section Bonus n’est pas à négliger, loin de là ! Proposant de découvrir des documents bien trop rares habituellement, c’est à une véritable chasse au trésor que nous convie Aspyr. Une section que l’on décortique sous toutes ses coutures avec passion.

LE TEMPS DU RETOUR

Pour ce qui est des jeux en eux-mêmes, ils conservent certes leurs formidables atouts (l’univers, le récit, les personnages) mais aussi leurs quelques faiblesses. Notre cher Raziel par exemple ne se départit pas d’une petite lourdeur dans ses déplacements mais celle-ci semble tout de même moins présente que dans ses pérégrinations d’antan.

Ensuite l’autre léger souci va venir de la « marche à suivre« . Pour expliciter, il arrive parfois qu’on soit un peu perdu ou bien qu’on ne capte pas comment accéder au chemin qui de toute évidence nous mène à la suite de notre périple. Mais généralement la solution se trouve dans « l’altération » du monde, qui reste un réflexe à acquérir quand on débute une partie…

Outre cela, rien de notable en terme de défaut… à l’exception du gros morceau qui trône tel un éléphant au milieu de la pièce : quid des Blood Omen ? Et par extension de Defiance, cinquième jeu moins connu de la licence.

Pour notre part, après notre parcours dans ces fameux bonus, nous en sommes intimement convaincus : quelque part, quelqu’un travaille sur une ressortie des jeux mettant en scène Kain. Sous quelle forme, sous quel délai, nous n’en savons rien mais nous ne serons pas surpris si l’annonce d’un autre remaster, centré cette fois sur LE personnage central de l’univers, était annoncée en 2025.

Une fois cela dit, et alors que Blood Omen 2 et Defiance peuvent s’offrir une cure de jouvence du même acabit que les Soul Reaver et les Tomb Raider, il en est bien autrement du premier Blood Omen. Comment réadapter ce jeu en vue plongeante pour un public moderne ? Doit-on en faire un remake en « Full 3D » au risque de perdre toute l’essence du jeu ou bien devons-nous en faire un remaster avec « simplement » des graphismes améliorés, au péril de ne pas attirer une partie du public n’adhérant pas au genre ? Toute la question est là…

Et nul doute que les équipes d’Aspyr s’y sont déjà penchées…

AVIS DE LA REDAC

On ne va pas se mentir, c’est un réel plaisir que de voir la licence Legacy of Kain revenir sur le devant de la scène. Avec cette remasterisation des Soul Reaver, c’est Raziel qui est mis à l’honneur et ce de fort belle manière. Son périple est désormais plus beau certes - il partait déjà d’une très bonne base - mais ce qui frappe vraiment dans cette compilation, ce sont les nombreux bonus tous plus saisissants les uns que les autres. Vous y passerez autant de temps que sur les jeux en eux-mêmes, signe de leur pertinence. Un retour exemplaire. Une seule question demeure : à quand le tour de Blood Omen ?

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
88
%
Graphisme
89
%
Animation
84
%
Jouabilité
78
%
Intérêt
91
%
Son
88
%
Graphisme
89
%
Animation
84
%
Jouabilité
78
%
Intérêt
91
%
LES PLUS
  • Retour d'une grande licence du Jeu Vidéo
  • Belle mise en valeur
  • Des bonus exemplaires et fascinants
LES MOINS
  • Un Raziel parfois pataud (comme à l'époque)
  • "Elle est où la route ?"
  • C'est quand Blood Omen Remastered ? (et Defiance ?)
86
%
OH QUE OUI !

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