La Dreamcast n’a décidément pas dit son dernier mot ! Plus de vingt-cinq ans après sa sortie, la console de Sega continue d’accueillir des projets amateurs qui auraient probablement semblé complètement fous à l’époque. Cette fois, c’est Cleopatra Fortune Plus, un jeu d’arcade développé pour la carte Naomi, qui vient de franchir le pas et de débarquer sur la 128 bits de Sega.
Pour ceux qui connaissent un peu l’histoire de la machine, la filiation entre Naomi et Dreamcast n’est pas vraiment un secret. Les deux architectures reposent sur une base technique extrêmement proche, la Naomi disposant notamment de davantage de mémoire. C’est justement ce qui avait permis à Sega de proposer sur Dreamcast des conversions particulièrement fidèles de jeux comme Crazy Taxi, Virtua Tennis, House of the Dead 2 ou encore Zombie Revenge. Mais une bonne partie du catalogue Naomi n’a jamais connu les joies du portage à domicile.
Cleopatra Fortune Plus faisait justement partie des oubliés. Cette version arcade du célèbre jeu de réflexion de Taito, qui avait déjà connu une sortie sur Dreamcast au Japon, est donc désormais jouable sur la console dans une version réalisée par Nikita Belkovskiy, plus connu sous le pseudo Captain Koffski.
Et c’est là que l’histoire devient franchement étonnante. Le développeur reconnaît sans détour avoir utilisé l’intelligence artificielle pour réaliser l’intégralité du portage. Son implication dans le processus technique aurait été particulièrement limitée, puisqu’il explique lui-même avoir très peu de connaissances en rétro-ingénierie. L’IA s’est donc chargée d’une grande partie du travail, tandis que l’être humain s’est occupé notamment des tests sur le véritable matériel.
Le projet repose sur une méthode déjà observée dans certaines conversions communautaires de jeux Atomiswave vers Dreamcast. Un agent IA, ici Claude Code, est utilisé pour analyser le logiciel, effectuer la rétro-ingénierie et adapter le jeu à l’architecture de la console. Une approche pour le moins originale, surtout lorsqu’on se souvient qu’il fallait autrefois des mois, voire des années de travail et une solide maîtrise du hardware pour accomplir ce genre d’exploit.
Le résultat semble en tout cas suffisamment convaincant pour que son créateur envisage déjà la suite. Son ambition ? S’attaquer à d’autres jeux Naomi en 2D, considérés comme plus accessibles pour ce type de conversion, avec à terme un objectif qui ferait rêver n’importe quel fan de Sega : voir l’ensemble du catalogue Naomi non porté arriver sur Dreamcast.
Alors oui, les puristes risquent probablement de tiquer devant une conversion réalisée massivement par une IA. Mais il faut reconnaître que le résultat ouvre une sacrée porte. Si ces outils continuent de progresser, la scène Dreamcast pourrait bien entrer dans une nouvelle époque où des jeux d’arcade oubliés depuis des décennies retrouvent une seconde vie sur la console. Et franchement, voir la vieille Dreamcast continuer à faire les malins face aux technologies modernes, c’est plutôt savoureux !
