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Retro Come Back Episode 4 : Gynoug

Wizzy le Nerd
[Redacteur et rétrogameur de la première heure et amateur de jeux indés fantastiques...]

Bien avant Diablo, Darksiders, Dante’s Inferno, Agony et tant d’autres, j’ai visité les Enfers. À seulement onze ans, j’ai découvert pour la première fois une vision hallucinée de l’apocalypse, peuplée de créatures cauchemardesques et de paysages dignes des plus sombres récits fantastiques. Un voyage qui m’aura même valu quelques terreurs nocturnes.

Ce jeu, c’était Gynoug. Et il tournait sur cette bonne vieille Mega Drive.

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Pour l’histoire, difficile de faire plus direct : le Paradis est attaqué par les démons, une armée au service du Grand Destroyer. Wor, notre héros, est un fier petit ange ailé. Un blondinet certes, mais un blondinet musclé ! Dernier gardien céleste, il n’hésite pas à distribuer de grosses boulettes magiques à cette armada grouillante pour tenter de rétablir un semblant d’ordre sur une planète autrefois paisible.

Shmup signé Masaya, créateur de la franchise aussi délirante que décomplexée Cho Aniki et d’un autre classique intemporel du genre, Gley Lancer (également sur Mega Drive), Gynoug – connu sous le nom de Wings of Wor aux États-Unis – se présente comme une véritable épopée dantesque. Une odyssée infernale, même, qui nous entraîne à travers six niveaux particulièrement inspirés.

Imaginez la vision de l’Enfer décrite par Dante, mais inversée : ici, le voyage débute au cœur des plus sombres cavernes avant de nous mener progressivement vers les cieux, bien au-delà des nuages. Une ascension symbolique qui participe grandement au charme si particulier du titre.

Je ne peux d’ailleurs pas terminer sans évoquer sa bande-son. Tout simplement splendide, elle accompagne à merveille le caractère épique de l’aventure. Plus de trente ans après sa sortie, elle demeure à mes yeux l’une des plus mémorables de la 16-bits de Sega.

Tel un bijou mêlant Heroic Fantasy, steampunk et biomécanique à la R-Type, Gynoug est orné des boss et des demi-boss les plus monstrueux qui soient, et sans doute des plus effrayants qu’il m’ait été donné de rencontrer à cette époque. Grâce soit rendue au designer Satoshi Nakai ainsi qu’à Manabu Takasugi, qui ont su donner vie à de véritables cauchemars ambulants. Minot, j’étais facilement impressionnable, mais encore aujourd’hui, je trouve ces titans particulièrement marquants. Je pense d’ailleurs qu’il y a une raison à cela : à l’écran, notre héros est minuscule. C’est, je crois, ce qui renforce l’immensité et l’impact de ces monstrueux adversaires.

Nous sommes en 1991, la Mega Drive doit montrer toute sa puissance et Gynoug va nous arroser d’effets spéciaux en tout genre : tremblements de terre, scrollings différentiels, déformations de l’image sous l’eau ou encore parallaxes à grande vitesse dans ce fameux quatrième niveau mécanique. Les décors sont à la fois simples et élégants et, même s’ils défilent parfois en boucle, ils sont avant tout là pour mettre en valeur nos ennemis démoniaques.

Des sombres cavernes jusqu’aux cieux, le combat est dantesque. Les hordes d’ennemis nous assaillent sans répit. Bien entendu, ces derniers libèrent des items qui nous aideront dans notre mission divine : les orbes rouges augmentent la puissance de nos boulettes magiques tandis que les bleus étendent notre angle de tir.

Gynoug n’est toutefois pas un shoot’em up bourrin, quand bien même on abuserait de l’auto-fire pour tout détruire sur son passage. Au commencement, je me rappelle que je me jetais sur n’importe quel item, notamment les plumes qui augmentent la vitesse de déplacement de notre être ailé. Or, point trop n’en faut ! Notre ange gavé de plumes devient rapidement incontrôlable, se déplaçant à la vitesse du laser. Ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres, car Gynoug nous obligera en permanence à bien choisir les bonus que nous souhaitons récupérer.

Comme dans tout bon shoot, il est possible d’user d’armes spéciales. Ici, c’est en chinant des parchemins sur lesquels est inscrite une lettre que l’on pourra les obtenir. Ces précieux grimoires miniatures peuvent s’accumuler dans une barre située en haut à droite de l’écran.

Allant du nuage capable de foudroyer l’ennemi aux angelots tirant à nos côtés, en passant, entre autres, par d’énormes orbes dorés, elles sont nombreuses, très originales et suffisamment efficaces pour que l’on soit tenté de toutes les utiliser au cours d’une partie. Le jeu nous laisse toutefois le libre choix de les activer ou non, de les économiser afin de les réserver aux boss ou à certains passages particulièrement retors.

Si l’on cumule une série de trois parchemins identiques, l’arme spéciale correspondante devient alors surpuissante une fois activée. Cerise sur le gâteau, le jeu se montre particulièrement généreux en termes de munitions. Ce système d’armes spéciales demande donc de jongler avec discernement entre les différents parchemins et peut largement, en plus de nos réflexes et de notre dextérité, nous mener à la victoire.

Je ne sais pas si c’est le meilleur shmup auquel j’ai joué, mais Gynoug a ceci d’important à mes yeux qu’il ne ressemble à aucun autre. Il ne ressemble qu’à lui-même. C’est un shoot’em up unique, à l’ambiance à la fois étrange et sombre, incroyablement immersive. Éteignez les lumières pour y jouer, vous verrez !

Les niveaux sont longs, parfois hypnotiques, et pourtant l’intensité est bien présente. Elle ne redescend jamais tant les hordes de démons s’abattent sur nous sans relâche. La difficulté, elle aussi, est au rendez-vous et s’avère même être une véritable montagne à gravir une fois le quatrième niveau atteint.

Le cinquième stage est, par exemple, un authentique enfer organique où le décor mouvant, entre matière rose et fond blanc, semble jouer contre nous. Et que dire du sommet du pétage de câble ? En tremblant de toutes parts, je parle bien entendu du boss final. Avec ses innombrables tirs d’une lenteur particulièrement vicieuse, cette atrocité flottante demande une concentration surhumaine tant il est long et retors à terrasser.

Mémorable, cet infernal Gynoug, vous dis-je !

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