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Retro Come Back – Épisode 17 : La saga Les Chevaliers de Baphomet

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

C’est assez rare qu’un jeu marque durablement toute une génération de joueurs. Et encore plus son personnage principal dont le nom – George Stobbart – parlera à certains alors qu’il restera totalement inconnu pour les plus jeunes d’entre nous. Un touriste américain gouailleur et séducteur qui se retrouvera mêlé par le plus grand des hasards dans un complot politique ayant comme épicentre notre belle capitale et qui le mènera dans des aventures toujours plus alambiquées aux quatre coins du monde.

Accompagné de la journaliste très collet monté et tout aussi parisienne de son état Nicole Collard, notre blondinet made in USA traversera cinq jeux au fil du temps qui formeront la saga dite «Des Chevaliers de Baphomet» dans un genre qui connu son heure de gloire il y a plusieurs décennies maintenant : le « point & click ».

Saga créée par le fertile esprit de l’anglais Charles Cecil, Il m’aura fallu un peu de temps pour réunir moi-même les différents épisodes en un même lieu, une quête digne de notre héros du jour. Mais une fois cela réussi je ne tardai pas à parcourir cette franchise de fond en comble. Je vais donc revenir dans les lignes qui vont suivre sur chacun des épisodes de cette série vidéoludique et partager mon appréciation personnelle sur chacun d’entre eux. Et tout cela si possible sans faire le ‘clauwne’…

LES CHEVALIERS DE BAPHOMET (1996) Director’s Cut (2009) – Broken Sword: The Shadow of the Templars

Un bel après-midi d’été parisien. Un touriste yankee se prélasse à la terrasse d’un bistrot typique de la capitale, adressant à la charmante serveuse son plus beau sourire quand, sans prévenir, une explosion ravage les lieux ! Un suspect semble tout désigné : un clown au faciès patibulaire qui passait justement par là…Avec l’aide d’une journaliste aussi séduisante que pugnace, notre fier et tenace Américain fera tout pour résoudre cette affaire qui l’emmènera bien plus loin que tout ce qu’il aurait pu imaginer…

C’est par une séquence animée du plus bel effet que l’on découvrait « Les Chevaliers de Baphomet » en cette belle année de 1996. Tout de suite nous étions happés dans cet univers de par sa beauté graphique qui nous donnait l’impression de parcourir un véritable dessin animé.

Mais très vite aussi nous nous rendions compte que parvenir au générique de fin serait un véritable sacerdoce. Basé sur des énigmes et des « épreuves de logique » (notez les guillemets) toutes plus tortueuses les unes que les autres. C’est étape par étape, et bien souvent à tâtons, que nous avancions dans l’aventure.

Pour ma part, j’ai assez peu connu la version ‘classique’. J’ai en revanche joué plusieurs fois à la version dite ‘Director’s Cut’ sortie sur Wii en 2009 et dans laquelle des phases où l’on incarne Nicole Collard (Nico) ont été rajoutées. Dont une en ouverture de jeu, ce qui fait que la fameuse cinématique n’est plus désormais présente dès les premières secondes mais apparaît après environ une heure de jeu (Sacrilège dirons certains !).

Une refonte graphique fut également appliquée (les cartes, les bulles de dialogues…) et l’ajout d’un encart représentant le visage du personnage ayant la parole se matérialise en haut de l’écran. Les dits visages ayant été dessiné par rien de moins que l’immense artiste anglais Dave Gibbons (Watchmen), excusez du peu !

Pour le reste on retrouve le titre original dans toute sa splendeur et sa folie douce. C’est que monsieur Stobbart est passé maître dans l’art de se retrouver dans des situations incongrues voir ubuesques (d’ailleurs au passage, Alfred Jarry est cité plusieurs fois lors de notre épopée, ce qui ne laisse aucun doute sur l’une des inspirations des concepteurs).

À la limite de la cleptomanie, le beau gosse à tendance à accumuler tout un tas d’objets parfois farfelue dans ses poches qui semblent sans fond. Et qu’il ressort dans les moments les plus inattendus pour se sortir d’impasse qui semblaient infranchissables. Sauf que bien entendu ces solutions improbables sont de véritables casse-tête à décoder qui bloqueront bien souvent votre avancée. Et c’est là que l’ajout du système d’aide qui permet par étape de résoudre les différentes énigmes se révèle le plus beau des cadeaux.

Parce que oui je maintiens que plus personne aujourd’hui ne passerai des mois (je n’exagère pas, certains y passaient des mois !) à chercher une solution alambiquée découverte en vérité en faisant n’importe quoi en dépit du bon sens.

Globalement cependant on résout par soi-même – du moins moi et ma petite cervelle – 70 % environ des épreuves en cogitant quelque peu. Le reste se divise entre épreuves où l’on capte la finalité mais sans saisir le processus exact pour parvenir à l’objectif et une incompréhension totale qui laisse les bras ballants (« je comprends rien à ce qu’il faut faire ! »).

Passons maintenant à ce qui aura profondément marqué les joueurs : le doublage français. Il n’y aura pas à tourner longtemps autour du pot, il est tout simplement parfait ! Emmanuel Curtil, voix célèbre de Jim Carrey (le « Splendiiiiide ! », c’est lui!) donne à George un timbre, un humour et surtout un accent qui donnera ses lettres de noblesses à la saga. Du côté de Mademoiselle Collard, on découvre une Nathanièle Esther tout aussi parfaite donnant à son personnage une saveur de sarcasme et de sensualité qui apporte une profondeur non négligeable à la jeune femme. Rarement une VF vidéoludique n’aura été aussi pertinente.

LES BOUCLIERS DE QUETZALCOATL (1997) Director’s Cut (2010) – Broken Sword II: The Smoking Mirror

Après une absence de six mois durant laquelle George Stobbart accompagna son père pour son dernier voyage, le voilà de retour à Paris où il retrouve Nico à l’occasion de l’interview d’un célèbre archéologue. Mais à peine ont-ils sonné à la porte de l’érudit que la situation s’envenime à vitesse grand V. La journaliste est enlevée et George se retrouve ligoté à une chaise dans une maison laissée en proie aux flammes !Grâce à son intelligence hors pair et aux rediffusions de MacGyver, il parvient à se sortir de ce mauvais pas et part immédiatement à la recherche de sa petite amie…

Découverte totale (ou presque car certaines scènes m’évoquèrent quelque chose, comme le marché de Quaramonte) de ce deuxième épisode qui se révéla bien plus sombre et bien plus glaçant que son aîné. Les morts – y compris de notre duo ! – y sont fréquentes et marquantes. On y délaisse les Templiers pour la mythologie Maya et la chatoyante Amérique du Sud. Graphiquement un poil plus fin c’est surtout au niveau de l’animation qu’un cap est franchi. Jamais on ne sera aussi proche du dessin animé que dans « les Boucliers ».

Ayant enchaîné toute la saga, je concède que je fus rodé ‘à la logique du jeu’ et il me sembla moins tortueux que le premier, bien que parfois faut bien se secouer les méninges. Je retiendrai de cet épisode le passage de « l’île aux Zombies », toute l’île de Ketch (très bonne séquence ! Avec un zest du je-ne-sais-quoi qui grandit l’ensemble), la rencontre avec Laine le critique d’art (que l’on reverra plus longuement dans le 5) et le passage aux docks de Londres, vraiment marquant. Et puis bien sur le passage nocturne à Marseille avec le gardien et le chien…

Et que dire des personnages secondaires, que je trouve tous bien campés, même dans leurs caricatures parfois peu finaudes, le fils de la Générale en premier lieu. Et il faut mentionner évidemment Titipoco, un drôle de petit bonhomme peu loquace qui vous apportera son aide et participera même à la scène finale aux côtés de George et Nico.

Là encore la version Director’s Cut a eu droit à une galerie de portraits croqués par Mr Gibbons pour dynamiser les phases de dialogue. Le système d’aide fait aussi son retour pour ne pas rester bloqué 15 piges sur une embûche (Ha ! La séquence de la roue à eau !!)

J’ai parcouru cet opus sur Steam, ce qui n’est pas fréquent pour ma part (je joue assez peu sur PC) dans sa version remaniée. En terme de durée de vie il m’a semblé assez proche du « Chevalier ». Le début de l’aventure est assez statique, se déroule beaucoup à Paris puis Marseille mais une fois arrivée en Amérique du Sud, dans le pays fictif de Quaramonte, le récit va pas mal s’éclater en différents lieux et surtout entre George et Nico qui se répartiront la ‘chasse au trésor’ chacun de leur côté.

Pensez là aussi à bien épuiser toutes les lignes de dialogues – nombreuses et variés – avec chacun des protagonistes, ce qui prendra pas mal de temps mais vous donnera pas mal d’indices sur la résolution des énigmes. Si vous comprenez entre les lignes…

LE MANUSCRIT DE VOYNICH (2003) – Broken Sword: The Sleeping Dragon

On retrouve notre bon George Stobbart au-dessus du Congo, à l’intérieur d’un avion de fret brinquebalant, en route pour rencontrer un savant souhaitant déposer un brevet pour sa dernière invention. Bien vite, le voyage se complique et le voilà contraint de résoudre le meurtre de son contact, orchestré par un mystérieux individu aux noirs desseins.Pendant ce temps-là, à Paris, Nicole Collard enquête sur un hacker qui prétend avoir déchiffré le fameux manuscrit de Voynich, un mystérieux ouvrage renfermant de puissants secrets. Mais le jeune homme est assassiné juste avant que la journaliste ne puisse l’interviewer et, comble de la sournoiserie, la tueuse s’est fait passer pour elle ! La jeune femme devra alors mener l’enquête afin de découvrir la vérité tout en s’innocentant de cet affreux crime…

Alors « Baphomet 3 », le premier épisode en 3D. Et bien moi j’ai beaucoup apprécié même si l’aspect « Point&Click » est effacé au profit d’un jeu plus axé aventure (ce qui ne me dérange pas, bien au contraire). Mais point d’inquiétude, les énigmes et autres casse-têtes sont toujours de la partie.

Fait intéressant, cet épisode est une suite scénaristique au premier et creusera donc plus en profondeur l’histoire entamée dans « Les Chevaliers de Baphomet ». D’ailleurs dans le « Director’s Cut » paru en 2009 certains remaniements ont été apportés en rétro-écriture afin qu’une plus grande cohérence soit faite entre les deux jeux (Petra est désormais évoqué lorsque l’on joue Nico dans le premier jeu).

Mais qui est Petra au fait ? Il s’agit de la blonde un poil sadique qui poursuivra nos deux héros tout le long de votre épopée, une tueuse au service du grand chef de la secte cherchant à libérer les forces du mal. On retrouvera par ailleurs lors de ce périple certains personnages secondaires de « Baphomet », par exemple le philosophe russe rencontré à l’hôtel Ubu ou bien le gros bêta qui dans le même établissement nous fouillait à la sortie.

On recroisera aussi le terrassier auquel on piquait le fameux « Ouvre-égout » que George exhibait à tout à chacun et qui provoquait bien souvent des réactions hilarantes. On reviendra aussi dans certains décors dont le fameux quartier parisien de Montfaucon qui apparaît donc dans tous les opus de la trilogie fondatrice (et ici en trois dimensions).

Techniquement, il est tout à fait possible d’enchaîner le 1 et le 3 en zappant le 2 tellement ils sont liés.

Des 5 jeux, j’ai trouvé que c’était celui-là le plus simple. Du moins en ce qui concerne les énigmes car pour ce qui est des objets à récolter c’est une autre paire de manches.

Du fait des décors en trois dimensions – ce qui change des plans en 2D vous en conviendrez – savoir dénicher tous les objets de quêtes utiles se révèlent tout de suite bien plus compliqué ! Ha ! Ce fichu nid dans la grotte ! Combien l’auront cherché durant des mois ce fichu tas de branchages !! Elle se situe là la véritable difficulté de ce « Manuscrit de Voynich » : trouver les items qui permettront d’avancer scénaristiquement.

Joué sur XBOX, ma partie n’a souffert que de quelques bugs d’affichages dont un qui fut très rigolo : lors d’une scène où la fameuse Petra tient en joue notre couple de protagonistes, son revolver ne s’afficha pas à l’écran lors de toute la scène, pour un résultat assez absurde mais attachant. La maniabilité quant à elle reste vraiment correcte et agréable, le problème viendra plus du positionnement de certaines caméras.

Les sauts des phases de plateforme (et oui !) seront gérés par des actions contextuelles. Là ou par contre le titre exagère un brin (ce qui agaça pas mal de monde à l’époque), c’est sur les puzzles à base de caisses à déplacer. C’est vrai qu’il y en a pas mal, sans doute trop. Sachez enfin que certaines phases demanderont de traverser des zones de manière discrète, avec une petite dose d’ingéniosité.

Pour en terminer avec ce « Sleeping Dragon », j’évoquerai sa dernière séquence vraiment surprenante qui tranche d’avec le reste de la franchise. Car si elle frôle souvent avec le fantastique sans jamais pleinement y mettre les pieds, ce troisième épisode fini en apothéose en se lâchant complètement sur le sujet.

Quand on sait qu’à la base le projet « Broken Sword » était une trilogie (les plans ont pas mal évolué au fil de la production des jeux), on capte assez aisément qu’il s’agissait là du climax de la série.

 LES GARDIENS DU TEMPLE DE SALOMON (2006) – Broken Sword: The Angel of Death

New York. George a délaissé son travail d’avocat au sein de la société de son père pour se tourner vers un emploi plus modeste : agent de cautionnement. C’est alors que débarque un jour la belle et mystérieuse Anna-Maria, venue réclamer l’aide de notre héros tandis qu’elle est pourchassée par la Mafia. Il apprend rapidement que la charmante blonde possède un texte ancien menant à un trésor qui, lui-même, permettrait d’accéder à l’immortalité.

D’abord réticent, George accepte finalement de lui venir en aide et part à sa suite afin de mettre la main sur ces précieuses reliques du passé. Mais la Mafia n’a pas dit son dernier mot ! Et il se pourrait bien qu’une autre puissante institution italienne soit également à leurs trousses…

Ah ! L’épisode à part. Celui que peu connaissent. L’opus fantôme.

Et clairement il mérite son statut tant il se différencie des autres à bien des égards. Toujours en 3D mais avec des graphismes encore plus orienté vers le réalisme, il nous présente cette fois une aventure qui s’inspire plus de Dan Brown, qui est d’ailleurs ouvertement cité par notre héros. Et que donc oui, nous serons amené à infiltrer rien de moins que le Vatican dans une séquence avec deux nonnes assez dérangeante d’ailleurs tant George s’y montrera odieux et malaisant avec les bonnes sœurs qui n’avaient rien demandé. Une facette du personnage assez peu reluisante.

Mais auparavant il aura eu affaire à des mafieux, des cafards et un sosie d’Elvis sans oublier quelques nuits chaudes à Istanbul… Où il retrouvera une Nico débarquant un peu comme un cheveu sur la soupe. Tant qu’on est sur la journaliste, il s’agira du seul épisode où elle ne sera pas doublée en français par Nathanièle Esther mais par Laura Blanc, ce qui rajoute à cette impression d’épisode un peu à la marge.

On l’incarnera d’ailleurs dans un des passages les plus étranges de la saga, à savoir le laboratoire ‘secret’ non loin de Phœnix, Arizona. Un niveau un peu lunaire, avec un personnage secondaire complètement à l’ouest qui ne fera que renforcer cette sensation d’étrangeté à cette section.

Ce quatrième « Chevaliers de Baphomet » souffre de nombreuses tares. Tout d’abord une maniabilité pas loin d’être qualifié d’atroce. Que ce soit en ce qui concerne le déplacement des protagonistes que l’utilisation de l’inventaire. N’étant sorti que sur PC (même à ce jour) jamais le menu fut revu pour une utilisation simple et intuitive à la manette. Rien que de dégoter l’encart présentant les objets est en soi une énigme (il faut pointer sa souris en haut de l’écran) et à bien y réfléchir tout le jeu pourrait se résumer à cela : une énigme permanente où l’on est constamment perdu.

En effet jamais les enjeux ne sont clairement explicités au-delà d’un vague « on doit se rendre là ». Ok d’accord mais une fois largué dans l’environnement on est totalement lâché seul avec soi-même. Il faut alors tâtonner durant de longues minutes pour ne serait-ce que comprendre quel est notre objectif. De toute la saga, c’est clairement l’opus le plus opaque à traverser.

En terme d’écriture, il n’est pas si mal malgré une fin en peau-de-boudin qui relativise le reste de notre parcours. « Tout ça pour ça… » est bien la seule réflexion qui me soit venue à l’esprit lorsque le générique de fin est tombé. Le chemin se révélera cependant bien plus intéressant que la destination avec un parcours pas piqué des hannetons si vous me permettez l’expression.
Un passage que j’ai apprécié fut lors de notre visite hors horaire du musée en Turquie qui demande pas mal de malice et se permet quelques audaces, notamment lors de la scène avec les lasers.

Et diantre ! J’ai failli oublier de mentionner le PDA et surtout son interface de piratage informatique sortie tout droit des enfers. Il s’agit en fait d’un mini-jeu dont le principe serait bien trop long à expliciter mais en gros il faut faire passer un signal d’un émetteur à un récepteur en plaçant habilement des relais le long du réseau. Au départ c’est assez simple mais ça monte très vite dans les aigus ! Jusqu’à atteindre un saisissant climax concernant une bombe qu’il faut désamorcer en moins de 10 minutes via ce système. Stress et relativité du temps seront alors au programme !

Autres passages qui laissent assez pantois, les épreuves ‘de temple’ qui interviennent au milieu et en fin d’aventure. Je ne vais pas mentir, même avec une soluce je n’ai pas compris certaines d’entre elles. Il faut parfois faire des suites de symboles, parfois en fusionner, parfois attribuer une suite logique à revers ou à rebours… mais tout cela sans justification ou indice sur ce qu’il faut faire, c’est un peu au petit bonheur la chance… Bon en vérité il y a bien les parchemins qui délivrent quelques informations parcellaires mais faut être calé en étude niveau Champollion pour y déceler quoi que ce soit de tangible…

Joué sur Steam car pas vraiment de moyen de le dénicher ailleurs, cet « Angel of Death » restera incontestablement « celui à part ». Condition renforcée par bien des éléments dont le fait qu’il soit le seul qui ne se déroule pas une seule seconde à Paris n’est pas le moindre.

C’est aussi celui où George Stobbart s’essaye au métier d’inventeur, avec ce fameux club de golf télescopique qui lui sera bien souvent utile (un léger indice est dissimulé dans cette phrase). Pour conclure, je précise que je suis bien content d’avoir pu le faire, car ce n’était pas gagné d’avance…

LA MALÉDICTION DU SERPENT (2013 partie 1 / 2014 partie 2) – Broken Sword 5: The Serpent’s Curse

Travaillant désormais pour un grand groupe d’assurances à La Défense, George est chargé d’une exposition d’art au Lézard Bleu, un petit établissement discret situé non loin du Sacré-Cœur. Afin d’assurer un peu de promotion au lieu, il fait en sorte d’inviter en sous-main Nicole Collard, son ex-petite amie, au vernissage. Mais lors de ce dernier, c’est drame sur drame : d’abord un prêtre qui jure que l’un des tableaux exposés est maudit, puis un cambrioleur qui, en pleine journée, vient dérober la susdite toile au nez et à la barbe de tous.Le propriétaire des lieux ne se laisse pas faire et se fait abattre froidement par le voleur qui prend aussitôt la fuite, poursuivi par Nico. George se retrouve une fois de plus avec un cadavre sur les bras et un mystère à résoudre : quel secret cache « La Maledicció », ce tableau qui semble tuer tous ceux qui s’en approchent…

Retour aux sources avec ce cinquième épisode qui se vit produire en partie par une campagne de financement participatif. Entre suite et remake (du 1), on retrouve les rues de Paris pour une enquête en compagnie de Nico en opiniâtre acolyte. Car oui on abandonne la 3D pour revenir à un système similaire aux deux premiers opus de la saga. Avec une petite astuce toutefois car bien que les décors de fond soient de retour en 2D, les personnages eux ne sont plus animés ‘à l’ancienne’. Il s’agit bien de personnages en 3D avec cet effet visuel nommé le Cel Shading pour renforcer cette impression d’animation.

On recroisera quelques têtes connues telles que le sergent Moue, le critique d’art Laine ou la comtesse anglaise Lady Piermont. Mais ce seront surtout pas mal de rencontres qui pimenteront cette enquête entre mensonges et faux-semblants. Avec quelques-unes d’entre elles plus marquantes que les autres, comme celle de l’inspecteur Auguste Navet – fusion improbable entre Louis de Funès et Nicolas Sarkozy – ou bien encore cet oligarque russe ressemblant trait pour trait à l’ennemi public N°1 de l’Occident en ce moment…

Divisé en deux parties (qui se suivent sans qu’on s’en rende vraiment compte sur le jeu physique), la première se déroule entre Paris (80%) et Londres (20%) tandis que la seconde elle abandonne les capitales pour nous emmener en Catalogne puis en Irak pour son final.

Le jeu possède des énigmes entre le facile et le burlesque raisonnable à l’exception de toute la séquence à Montserrat (en Espagne) qui est véritablement à se taper la tête contre les murs (et qui contient une énigme musicale, un calvaire pour quelqu’un comme moi qui n’y connais strictement rien). Même la fin du jeu n’est pas aussi compliquée que ce passage hallucinant de perversité mentale.

Il n’y a pas grand-chose d’autre à rajouter sur ce dernier épisode en date en dehors du fait qu’il fait honneur à la sérieet surtout à ses débuts – et permet de retrouver notre touriste américain exilé à Paname avec plaisir pour une aventure qui nous ramène presque trois décennies en arrière. Ses codes et son humour so british sont bel et bien toujours présents, Nicole est toujours aussi sensuelle et pragmatique, l’appel de l’aventure est toujours tapi à chaque coin de rue.

George Stobbart n’a – pour le plus grand bonheur de tous – ni perdu son accent ni son sens de la débrouille et notre héros croisera même à deux reprises ses pires ennemis, des chèvres récalcitrantes. De quoi alimenter de belles heures de réflexion le sourire aux lèvres…

BILAN

Cela faisait des années que je souhaitais faire cette rétrospective complète des «Broken Sword» et c’est en entrant en possession du troisième épisode que je me décidai à m’y lancer (je possède en physique les épisodes impairs, et j’ai pu récupérer sur Steam les pairs pour une bouchée de pain).

Globalement mon avis est positif mais clairement la série est désormais vieillotte, pas sûr qu’elle perdure dans le temps dans la mémoire des joueurs contemporains. Le Point&Click est désormais un style de jeu remisé au placard qui a désormais laissé sa place à des titres héritiers tel que les « Life Is Strange » par exemple.

Et puis il faut dire aussi que c’était un genre extrêmement prise de tête pour pas grand-chose. Je ne crois pas qu’un seul joueur aujourd’hui supporterait de jouer sans soluce à de tels jeux, à moins d’être soit masochiste soit de ne pas avoir envie de les finir (le fameux « je continuerai plus tard » qui fait que la version PS1 est rangée dans un tiroir depuis 1996…).

Toutefois, une fois passé outre cela, quel plaisir que ces jeux d’enquêtes et de résolutions de mystères en compagnie d’un couple de héros attachant que l’on voit évoluer au fil des ans (leur relation est vraiment comme on dit ‘en dents-de-scie’). Les dialogues sont parfaits, les voix françaises apportent beaucoup (jamais il ne me viendrait à l’idée d’y jouer en VO !), l’humour fait toujours mouche sans être ni vulgaire ni beauf’ et pour ne rien gâcher les graphismes sont enchanteurs (même si les épisodes 3D restent moins attrayants).

Une belle saga, de son temps, mais une belle saga tout de même !

Bonus:

1) Duane et sa femme Pearl sont des personnages secondaires récurrents qui apparaissent peu ou prou dans chaque épisode de la saga. D’abord en Syrie, puis au marché de Quaramonte, Duane seul à Rome et de nouveau en couple à Montserrat. Il n’y a que dans le troisième épisode qu’ils ne sont pas présent (car coupés au montage, ils devaient bien y être à la base).

Il existe une ambiguïté sur le rôle de Duane dans les intrigues des jeux, qui semble toujours présent au bon endroit et au bon moment pour filer un coup de main à George. Il serait de fait un ‘agent ronfleur’ de la CIA, une sorte d’espion faisant tellement de bordel autour de lui et étant si peu discret que personne ne peut décemment croire qu’il en soit réellement un (selon ses propres dires, une tactique efficace). Ou bien alors c’est juste un affabulateur qui se rêve en héros baroudeur aux quatre coins du monde…

2) Il existe un jeu amateur, d’origine allemande, baptisé « Broken Sword 2.5: The Return of the Templars » qui se déroule entre le 2 et le 3 et explique donc ce qui se passe entre ces deux épisodes. C’est plus ou moins officiel mais en tout cas Revolution Software ne l’a pas fait interdire. Je ne l’ai pas fait. Plus de renseignement si cela vous intéresse par ici et par ici aussi. Il est disponible gratuitement.

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