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Retro Come Back – Épisode 19 : En route vers GTA VI – Partie 8 : GTA Chinatown Wars – une nouvelle vision ?

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Il y a des GTA plus connu que d’autres. Celui sur lequel nous allons nous pencher aujourd’hui fait sans doute parti des moins célèbres de la licence, malgré ses 2 250 000 ventes toutes versions confondues. Paru tout d’abord sur DS puis quelques mois plus tard sur PSP, c’est ce portage que nous avons pu tester de long en large. Explorant une nouvelle fois Liberty City, qu’avons-nous pensé de cette aventure à mi-chemin entre les ères 2D et 3D de la plus rentable franchise du jeu vidéo


Partie 1 : Les Épisodes 2D ( et un peu d’ historique )
Partie 2 : Grand Theft Auto III – l’épisode révolutionnaire
Partie 3 : Grand Theft Auto Vice City – Brillant épisode
Partie 4 :  Grand Theft Auto San Andreas – L’indépassable
Partie 5 : GRAND THEFT AUTO Liberty City Stories – épisode Populaire malgré tout…
Partie 6 : Grand Theft Auto : Vice City Stories – Une Valeur Sûre
Partie 7 : GRAND THEFT AUTO IV – Le tournant essentiel
Partie 9 :  GTA V – Prospère épisode
Partie 10 : GTA VI – Fantastique Promesse



D’EST EN OUEST

Suite à la mort de son père en Chine, Huang Lee rejoint son oncle Kenny en Amérique, et plus particulièrement à Liberty City. Le but de ce voyage est de transmettre l’épée «sacrée» Yu Jian, symbole de la puissance de cette branche de la triade, afin que Kenny puisse asseoir sa position de potentiel successeur auprès de Hsin Joaming, Boss de la mafia chinoise de la ville.

Mais sitôt débarqué, Huang se fait violemment agresser. Laissé pour mort dans une voiture jetée dans le fleuve, le jeune homme tenace s’en sort par miracle et parvient à rejoindre le restaurant familial, tenu par son oncle. Mais ce dernier l’a mauvaise, car son neveu à perdu l’épée…

De cette fâcheuse situation, Huang va tout faire pour redorer le blason de Kenny au sein des triades en ébullition, car la succession à la tête de l’organisation se rapproche de jour en jour et nombreux sont ceux qui souhaitent la place…

Comme à l’accoutumée, la série des Grand Theft Auto (ou GTA) nous met dans la peau d’un protagoniste devant évoluer au sein d’une organisation criminelle menant son business plus que discutable dans une ville servant de terrain de jeu pour le joueur. On pourra se déplacer aussi bien à pied qu’en véhicule pour accomplir nos différents objectifs, aidés en cela par un arsenal pour imposer notre vision des choses aux récalcitrants. Nous serons amenés cependant à effectuer bien plus de choses que de simplement être le porte-flingue d’un gus en recherche de pouvoir.

Toujours présentes, les « missions annexes » apportent un vent de fraîcheur en nous proposant d’incarner au choix le rôle de policier, d’ambulancier, de pompiers, de taxi, de tatoueur ou même de livreur (de nouilles ou de colis délictueux).

S’ajoutent à cela des mini-jeux plus ou moins burlesques, comme le Club de Tir ou un mode survie face à des hordes de clochards. Les carnages – qui portent bien leur nom – sont de retour sans oublier l’attaque du Rhino, le célèbre tank qui revient faire un tour.

Toutes ces épreuves octroient des bonus en fonction de nos réussites à celles-ci, qui peuvent parfois grandement améliorer l’expérience de jeu (course infinie, résistance au feu, gilet pare-balle deux fois plus résistant etc…). Ce n’est donc pas à négliger.

On trouve toujours également les planques – à acheter pour la plupart – devenues pour l’occasion de simples écrans de fond proposant plusieurs options : consultation de ses mails, dépôt de son stock de drogue, admiration de ses trophées ou bien tout simplement pour se reposer.

Dormir permet de sauvegarder, action qu’il est aussi possible de faire via son téléphone portable, un appareil que l’on consultera très souvent. Tout d’abord pour la carte qu’il contient mais aussi pour gérer nos missions, nos deals, nos objectifs…

Pour ce qui est des collectibles, cette fois ils prennent la forme de caméra de sécurité qu’il faut tout d’abord débusquer avant de les détruire. Au nombre classique de 100, les réduire en cendres permet de mieux gérer les deals (on en reparle plus bas) et surtout la police sera bien moins à même de vous repérer lors de vos méfaits.

On trouve aussi les sempiternels sauts uniques et évidemment des courses de rues sont présentes en bien des endroits de la carte.

Petit aparté en ce qui concerne les statues de chiens-lion, qui apparaissent une fois le scénario terminé. Ces statuettes magiques poppent sur la carte au hasard de cinquante emplacements prédéfinis qui prennent forme de petites tornades bleues que l’on croise au cours de nos pérégrinations sans trop savoir à quoi cela correspond. Une fois ces deux artefacts récupérés, cela débloque – via la connexion internet – un nouveau personnage donneur de mission. Cet invité de dernière minute constituera en quelque sorte une conclusion annexe à l’histoire, sans être toutefois indispensable.

POINT DE VUE

Cette énumération non exhaustive pour dire qu’on se retrouve de manière assez classique dans un GTA de bonne famille, dans la moyenne des jeux du genre. Il y a cependant un léger détail qui va faire toute la différence et qui va donner sa particularité au titre : sa vue.

Entre la vision zénithale des premiers épisodes et la 3D instaurée depuis le III, Chinatown Wars opte pour un compromis assez singulier, avec une caméra s’abaissant à peu près à 45° de la vue classique dite « vue du dessus ». Ce choix provient directement de la programmation matricielle sur Nintendo DS et fut conservé pour le portage sur Playstation Portable, pourtant bien à même d’avoir des Grand Theft Auto adoptant complètement la troisième dimension (les «Stories»).

Cette vue, peu habituelle avec son angle de l’entre-deux, ne permet pas d’apprécier à sa juste valeur la qualité des aventures de Huang. Car même si on comprend les limitations techniques qui ont amené initialement à ce choix, le fait de ne pas pouvoir appréhender son chemin au-delà d’une dizaine de mètres pose un grave problème de jouabilité. Surtout en mode conduite vous vous en doutez bien.

Autre héritage programmatique, le gameplay se voit attribuer tout plein de QTE de circonstance qui là encore furent adaptés pour la première portable de Sony. Sur la première version, les capacités tactiles de la DS furent largement mises à contribution pour mettre en scène tout un tas de petits gestes pour notre héros.

Qu’il s’agisse de mettre en route une voiture volée en faisant un court-circuit avec les câbles, de dévisser un système d’alarme ou de démonter un cadenas à coups de barre à mine, toutes ses actions font appel à une suite de touches et de mouvement du pad analogique à effectuer dans le bon sens et le bon ordre dans un temps imparti (bien sûr à l’origine il s’agissait d’être habile du stylet). Un ajout honnêtement sympathique qui donne un sérieux coup de pouce à l’immersion.

La version PSP possède d’autres éléments par rapport à l’original, principalement la journaliste Melanie Mallard. Avec elle viennent des missions affiliées qui verront Huang devoir tempérer l’ambition de la trop opiniâtre investigatrice.

Les radios passent de 5 sur DS à 11 sur PSP et habillent efficacement l’aventure. Les thèmes du jeu eux font appel à des sonorités asiatiques du plus bel effet. Aucun dialogue n’est doublé vocalement.

GARDEZ MOI DE MES ENNEMIS…

Continuons sur la présentation des personnages secondaires principaux – autrement dit les donneurs de missions – que rencontra notre antihéros. En dehors de l’Oncle Kenny, deux autres gars ambitionnent le rôle de chef des triades : Zhou Ming et Chan Jaoming.

Le premier est un type arrogant qui met en place des stratégies alambiquées, persuadé que les autres ont eux aussi des plans aussi élaborés que les siens (spoiler : ce n’est pas le cas). Traitant Huang de haut, son mépris finira par se retourner contre lui.

Le second se trouve être le fils du leader actuel mais étant trop crétin pour devenir le successeur naturel il est au même titre que les autres en compétition pour le poste. Clairement l’outsider du lot mais étant aussi le plus bourrin il tente des choses que les autres n’envisagent même pas, pensant être protégé par son statut filial. Mais l’amour paternel à lui aussi ses limites, surtout dans ces milieux-là…

D’autres rencontres auront bien sûr lieu, comme par exemple avec un agent du FIB corrompu mais aussi des protagonistes plus mineurs. Cependant ce qui relie toutes ces personnes, c’est qu’elles sont toutes antipathiques. De toute la saga des GTA, les personnages secondaires de cette guerre du quartier chinois sont de loin les plus vils et les plus détestables. Et on parle de jeux qui mettent en scène de véritables crevures depuis des décennies !

La seule rencontre un peu positive se situe en début de parcours et se nomme Ling Shan. Au service de Kenny, elle servira de guide et de mentor à Huang lors de son entrée dans le milieu. Malheureusement – Spoiler – elle décède très rapidement et la romance qui s’établissait entre les deux âmes perdues meurt dans l’œuf. On aurait pu en rester là si le personnage en plus à télécharger n’était nul autre que – spoiler X2 – son frère Xin, cherchant à se venger de manière très sournoise.

En dehors de ces «personnages missions principales» nous pourrons rencontrer ce qu’on appelle des personnages aléatoires. Il s’agit en fait de la même chose à l’exception que ne pas faire ces missions-là n’aura pas d’impact sur notre avancée scénaristique. Elles restent cependant indispensables si l’on souhaite obtenir les 100%.

Au total, Chinatown Wars propose pas moins de 63 missions principales et 14 annexes, ce qui reste une belle performance pour un épisode portable. La majorité d’entre elles sont assez simples – à condition d’être suffisamment préparé – mais quelques-unes se corsent de manière assez surprenante.

Toutefois aucune mission ne vous «bloquera» par sa difficulté durant des mois, généralement il ne faut pas plus de trois ou quatre essais pour voir le bout de chacune d’entre elles. On notera tout de même le gars à la gatling de la dernière mission qui donnera du fil à retordre, le temps de capter la méthode adaptée pour abattre ce vaurien. Les hélicoptères aussi poseront un peu plus de soucis mais rien d’insurmontable.

COKE EN STOCK

Revenons à présent sur une notion évoquée plus haut, à savoir « Les Deals ». À la fois en marge et au centre du jeu, cette mécanique de pur marchandage d’offre et de demande va constituer la plus-value de cet épisode, à l’instar de l’immobilier dans Vice City Stories ou la gestion d’entreprise dans Liberty City Stories et GTAV.

Notre bon Huang, en honnête commerçant qu’il est, peut donc acheter tout un stock de différentes drogues (ecstasy, coke, LSD…) à bas prix à un dealer (au nombre de 80 répartis dans toute la ville) pour le revendre au prix max à un autre qui lui sera en demande de ces mêmes produits. L’air de rien cela demande pas mal de temps et d’investissement si on se lance à fond dans cet aspect du jeu mais le résultat si on s’y prend bien peut nous faire amasser assez rapidement une vraie petite fortune.

Il faut toutefois faire attention à ne pas attirer l’attention des forces de l’ordre car dès que les flics ont le moindre soupçon la sanction tombe et le dealer se carapate à toute berzingue tandis que vous êtes bon pour le niveau de recherche à trois étoiles ! Et si vous vous faites choper avec votre poudreuse en bandoulière, hop vous perdez tout ! Vraiment pas cool la flicaille !

En parlant des fameuses étoiles, là aussi un concept inédit à cet épisode, décidément plein d’originalité. Quand on est recherché, un nombre d’étoiles indique notre niveau de recherche par les policiers. Reprenons notre exemple des trois étoiles cité au-dessus : désormais il n’est pas forcément nécessaire d’être hors de vue des patrouilles pendant un certain temps pour que la poursuite cesse. En effet on peut dans cet opus dézinguer un nombre de patrouilleuses pour que baisse notre indice de recherche.

Trois véhicules de police détruits quand on est en phase de trois étoiles abaissera donc le niveau à deux étoiles. À deux étoiles, si on se débarrasse de deux « cop’s car », on rebascule alors à une étoile… ou le principe se répète jusqu’à soit notre arrestation soit notre évasion réussie. Une très bonne idée malheureusement jamais reprise dans la franchise…

Continuons sur cette lancée pour parler des phases de tir. Avec son ciblage certes efficace mais ayant parfois un peu de mal à accrocher la cible escomptée et un arsenal allant du banal pistolet automatique au lance-flamme en passant par la tronçonneuse et l’épée chinoise (pas la sacrée, une autre…), ces séquences donneraient presque dans le Twin-Stick-Shooter si la PSP possédait un deuxième pad analogique. Ces passages sont assurément nerveux et pardonnent assez peu les erreurs mais restent cependant trop répétitifs sur la longueur malgré les tentatives un peu vaines de varier les situations. Prévoir avant le début de chaque mission de dégoter un gilet pare-balle pour avoir de meilleures chances de terminer ces dernières.

En ce qui concerne les missions de pure conduite qui demeurent quand même le gros du jeu, elles auront également leur part de difficulté, due notamment à cette vue trop étroite mais cela n’est rien comparé au fléau des jeux du genre : les PNJ. Croyez-nous, quoi que vous fassiez, les piétons et les autres usagers de la route seront systématiquement sur votre chemin. SYS-TÉ-MA-TI-QUE-MENT. On pourrait même finir par croire que c’est programmé exprès… mais les équipes de Rockstar ne sont pas si sournoises, n’est-ce pas ?

N’est-ce pas ?

AVIS DE LA REDAC

Un épisode plein de particularité que ce Chinatown Wars qui malgré sa vue semi zénithale plus qu’encombrante parvient à nous faire passer d’agréables moments. Il met en place de plus des mécaniques inédites que l’on regrette ne pas avoir vu développé dans les autres opus, comme les deals ou surtout ce système unique des étoiles de recherche. Certes il demeure scénaristiquement assez bateau et met en scène des personnages particulièrement antipathiques qui n’offrent aucun point d’affect de la part du joueur quant à leur sort, à l’exception notable de la charmante Ling qui quitte l’intrigue bien trop tôt. Cela n’empêche pas une variété de situations très plaisantes à traverser sur ce GTA portable qui mérite plus de popularité.

CONCLUSION DU SCHMURZ

Animation
65
%
Graphisme
72
%
Son
72
%
Maniabilité
60
%
Intérêt
67
%
Animation
65
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Graphisme
72
%
Son
72
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Maniabilité
60
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Intérêt
67
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LES PLUS
  • Beaucoup de "petites" particularités bien vues
  • Assez complet malgré les contraintes techniques
LES MOINS
  • La vue "entre-deux"
  • Une histoire et des personnages peu marquants
67
%
CA PASSE BIEN

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