Après notre escapade dans GTA Vice City, on change du tout au tout en passant de l’autre côté du pays pour nous retrouver dans l’État de San Andreas. Sorti en 2004, cet épisode devenu mythique possède une aura tellement puissante qu’elle brille encore parmi les joueurs d’aujourd’hui. Cela grâce à un contenu absolument dantesque et une variété de possibilités hallucinante.
On y découvrira pas moins de trois villes distinctes ainsi que d’immenses terres allant de vallées forestières à d’arides déserts. Des petits quartiers pauvres de Los Santos aux casinos friqués de Las Venturas en passant par la baie de San Fierro, nous aurons droit à une visite complète des lieux au cours d’une aventure haletante semblant sans fin.
Mais trêve de bavardages, il est plus que temps de se plonger pour de bon dans les péripéties du « Gang de Grove Street »…
Partie 1 : Les Épisodes 2D ( et un peu d’ historique )
Partie 2 : Grand Theft Auto III – l’épisode révolutionnaire
Partie 3 : Grand Theft Auto Vice City – Brillant épisode
Partie 5 : GRAND THEFT AUTO Liberty City Stories – épisode Populaire malgré tout…
Partie 6 : Grand Theft Auto : Vice City Stories – Une Valeur Sûre
Partie 7 : GRAND THEFT AUTO IV – Le tournant essentiel
Partie 8 : Test de GTA Chinatown Wars (PSP)
Partie 9 : GTA V – Prospère épisode
Partie 10 : GTA VI – Fantastique Promesse
LA CITÉ DES ANGES
Carl Johnson, mieux connu dans le monde entier sous le diminutif CJ, revient à Los Santos à l’occasion des obsèques de sa mère, tuée par une balle perdue lors d’un affrontement entre gangs. Il y retrouve son frère Sean, dit ‘Sweet’, sa cadette Kendl et ses vieux potes Big Smoke (Melvin Harris) et Ryder (Lance Wilson).
Madame Beverly Johnson est enterrée auprès de Brian, le cadet de la famille mort il y a des années et dont la disparition poussa Carl à s’éloigner de ses proches. A tel point qu’il finira par partir pour Liberty City pour y officier dans le milieu du vol de voitures.
Désormais de retour à Grove Street, CJ va tout d’abord épauler son frère de sang et ses « Brothers du crew » afin de redorer le flambeau du gang dans les rues de Los Santos. Mais très vite un schisme s’opère avec Sweet. Les deux frères ont désormais des visions et surtout des ambitions très différentes, et Carl n’a que faire de la réputation de sa Street Family sur les trottoirs usés et sales du quartier pauvre de Ganton. Il voit plus grand, il voit plus loin.
Alors qu’une opération tourne mal et que Sweet se retrouve derrière les barreaux, Carl tente de se reconstruire autrement. Poussé à l’exil loin de Los Santos par le C.R.A.S.H. – un trio de flics ripoux – il va repartir du bas de l’échelle jusqu’à ce que la chance tourne enfin et qu’il devienne propriétaire d’un garage miteux de San Fierro. Un établissement certes bas de gamme, gagné après une course à un certain Claude – un type étrange qui ne parle jamais – mais qui permettra à CJ de refaire surface.
À partir de là, de fil en aiguille, de rencontres en petites arnaques et de courses-poursuites en petits boulots, il va gagner du galon dans la pègre de San Andreas. La rencontre déterminante se fera avec Wu Zi Mu, un chef d’opération des Triades sino-américaines. Les deux hommes forgeront une solide amitié et s’épauleront mutuellement dans leurs galères respectives, aussi bien à San Fierro qu’à Las Venturas. Leur collaboration fructueuse augurera des lendemains qui chantent…
Jusqu’à ce que la situation dégénère dans des proportions dantesques à Los Santos, provoquant des émeutes de grande ampleur dans toute la ville…
Ceci est un résumé très succinct des événements qui se déroulent dans GTA San Andreas et c’est peu de dire que cela ne recouvre qu’une infime partie de tout ce que le jeu propose. Car oui, ce Grand Theft Auto est de loin le plus complet de toute la série !
Il propose tellement de choses à faire qu’il finit par donner le tournis, on ne sait littéralement plus où donner de la tête. Mais on reviendra sur cet aspect-là plus tard. Commençons par introduire le terrain de jeu, ce qui sera déjà pas mal pour entamer les présentations.
Comme d’habitude, ce GTA est un jeu de « course-poursuite en voiture » ayant largement dépassé son concept de base pour proposer rien de moins qu’une tranche de vie d’un personnage baigné dans un milieu criminel au sein duquel il va grimper les échelons petit à petit.
Qu’il soit derrière un volant ou bien à pied, il devra réaliser toute une ribambelle de missions qui lui permettront d’asseoir sa réputation dans les bas-fonds, d’éliminer la concurrence et de conquérir les marchés de l’ombre. Il aura à sa disposition tout un tas de véhicules et d’armes pour lui permettre de mener à bien ses objectifs.
Voilà pour le point de départ.
La grande originalité de San Andreas est de situer son action non plus dans une ville mais dans un état entier – celui de San Andreas donc (les choses sont bien faites). Avec ses grandes métropoles, ses petits patelins, ses forêts, son désert, ses côtes maritimes, sa base militaire, ses cours d’eau, ses aéroports, sa restauration rapide, ses mystères etc etc etc… Même GTA V ne propose pas une telle vision complète de son environnement, se ‘bornant’ à Los Santos et sa proche région. Alors oui la carte du cinquième épisode est plus grande que celle de SA, mais en termess de proposition et d’ambition elles ne sont tout bonnement pas comparables.
Nous parcourrons donc ici pas moins de trois villes, ce qui pourrait presque nous faire dire que nous avons affaire à TROIS-JEUX-EN-UN. Los Santos (Los Angeles), San Fierro (San Francisco) et Las Venturas (Las Vegas) seront en effet autant de décors à découvrir et d’explorationsexplorations à mener qui découperont l’aventure en autant de chapitres. Ce qui fera naître un sentiment de longueur par rapport au reste des épisodes, plus concis. Sentiment fortement accentué par la quantité gargantuesque des tâches annexes mises à disposition et dont il est largement venu le temps d’en dresser la liste.
PAR SAINT FRANCIS !
En gros c’est assez simple : multipliez par trois les activités que l’on peut trouver dans les autres GTA et vous obtiendrez à peu près tout ce que San Andreas propose comme ‘sortie de route’.
Au cours de ses escapades, CJ croisera tout un tas de personnes qui lui demanderont tout un tas de services. Soit des petits jobs honnêtes (rares), soit des boulots fortement répréhensibles (fréquents). Pour faire voir un peu le délire, on vous présente maintenant la liste des activités que propose GTA San Andreas. On se retrouve juste après.
– Différents commerces existent comme des magasins de fringues, des coiffeurs/barbiers, des fast-foods, des magasins d’armes, des bars, des salons de tatouages. Avec pour chaque catégorie plusieurs enseignes de plus ou moins haute gamme. À Las Venturas il y a aussi des casinos.
– CJ a la possibilité dans ses derniers lieux de s’adonner au billard, aux jeux d’arcade, au poker, au blackjack, à la roulette, aux paris équestres, etc., etc. Il peut aussi se faire quelques paniers quand il croise un terrain de basket ou participer à un concours de ‘low rider’ (chorégraphie de bagnole avec ses suspensions hydrauliques). À tout moment il peut aller danser en boîte de nuit.
– En fin séducteur, il fréquente une (ou plusieurs mais attention à vous !) petites amies, avec lesquelles il aura des rencards où il devra assurer pour voir sa relation évoluer dans le bon sens. L’inviter au restaurant, faire une balade en voiture dans un lieu qu’elle apprécie, l’emmener danser seront les rendez-vous communs où faire vos preuves. Prévoyez un bouquet de fleurs à offrir à votre dulcinée. Elles sont au nombre de six et il est possible (mais c’est très long) de toutes les satisfaire…
– Possibilité de devenir propriétaire de commerces ou de lieux d’habitation. Il y en a pas mal. Les seconds ne seront que des lieux de sauvegarde (avec ou sans garage). Les premiers nécessiteront d’abord d’y faire ses preuves avant d’en devenir le patron. Il existe également des boulots qui ne sont ‘que’ des boulots. Chauffeur routier, chauffeur d’engin de chantier dans une carrière, voiturier dans un hôtel de luxe, coursier (un job par ville), vendeur de voitures dans une concession…
– La guerre des gangs de Los Santos où Carl doit conquérir puis défendre les quartiers de la ville. Il s’agit de phases de tir avec pour chacune des épreuves trois vagues d’ennemis à éradiquer. Beaucoup de quartiers, beaucoup d’ennemis à tuer. C’est un pan du jeu dans lequel on peut se perdre tellement il est prenant, même si sa redondance sera son principal défaut. Il ne s’agit prosaïquement que de pur gunfight.
– Des salles de sport sont disponibles pour que notre bonhomme se maintienne en forme. Vélo d’appartement, tapis de jogging, banc de musculation en libre-service. Chaque salle possède un maître qu’il faudra vaincre pour qu’il nous apprenne une nouvelle technique de combat rapproché. Deux triathlons sont également ouverts chaque week-end.
– Une avalanche de courses qui sont positionnées un peu partout. En voiture, en moto, en hélicoptère ou en avion (course de checkpoint pour les véhicules aériens, pas de concurrent). On en profite pour caser ici les ‘super-sauts’, qui consistent en des sauts cachés qui, quand on les effectue, lancent un ralenti du plus bel effet. Certains sont évidents à trouver, d’autres sont quasiment impossibles à percevoir. Il en existe 70.
– Des défis sont aussi de la partie et consistent en des épreuves d’adresse avec des deux-roues. Avec une moto, il s’agira de traverser des sphères dans une cale à bateau vide (c’est super chaud !). et au sommet du mont Chiliad, un VTT attend que ses épreuves de descente de la montagne soient réussies. Se rangent aussi dans cette catégorie les épreuves de tir aux Ammu-Nation, divisées par catégorie d’armes. Là encore, tout réussir prendra un sacré bout de temps.
– Des écoles de conduite proposent de passer des permis pour améliorer la conduite de CJ (et lui donner accès à certains lieux, les aéroports principalement). Factuellement, il s’agit d’une série d’épreuves d’adresse à bord des différents engins. Vous vous souvenez du tutoriel du parking au début du premier Driver ? Et bien voilà, c’est ça. Élargissez avec moto, bateau, avion et hélico. C’est franchement sympa à faire.
— Un cargo sous pavillon étranger propose à notre bon gars de ramener différents véhicules afin de les exporter ailleurs. Il existe quatre listes. Là où cela devient intéressant, c’est que chaque véhicule apporté débloque un véhicule en import en retour, mais à chaque jour correspond une liste spécifique d’importation. Cela reste un bon moyen d’avoir à disposition un beau catalogue de bagnoles.
– Les célèbres missions ‘R3’. Devenez policier, ambulancier, pompier ou chauffeur de taxi pour venir en aide à la population. C’est toujours aussi cool mais un poil rébarbatif. À ces classiques s’ajoutent les missions de ‘maquereaux’ qui consistent à gérer ses ‘filles’ et à leur faire faire leur tournée (la classe…). Vraie nouveauté, conducteur de train où le but principal est de contrôler la vitesse de la locomotive (et surtout de savoir freiner pour ne pas louper la gare… Oups… Oups…).
– Les cambriolages, eux, ne se déroulent que de nuit. Ces derniers consistent à vider une demeure de ses objets précieux tout en silence pour ne pas inquiéter les propriétaires des lieux en train de pioncer.
– Les stades offrent quant à eux des courses de Destruction Derby avec des variantes pour chaque ville. Des véhicules tout-terrain sont à remporter en cas de victoire (balèze).
Passons sur les ‘collectibles’, qui se divisent en plusieurs catégories également :
– Les tags de gangs à Los Santos : CJ doit les recouvrir du vert de Grove Street pour asseoir son territoire (x 100 – débloque un panel d’armes à la maison des Johnson).
– Les photos à San Fierro : il faut prendre en cliché les lieux remarquables de la ville. Une couleur violette se démarque aux endroits idoines, surtout de nuit – quasi impossible à trouver en vérité (x 50 – débloque un autre panel d’armes au garage).
– Les fers à cheval à Las Venturas : juste des fers à cheval à dénicher partout dans la ville. Chaque babiole ramassée augmente le facteur chance d’un pourcentage supplémentaire. Une fois les 50 récoltés, la chance sourit à CJ aux jeux de hasard (casino). Débloque aussi un autre panel d’armement devant le casino de Woozie, The Four Dragons.
– Les huitres : sur l’ensemble des lieux marins de la carte. Elles augmentent les capacités pulmonaires de Carl (permet de respirer plus longuement sous l’eau) en lui faisant faire de la plongée sous-marine. Une fois toutes trouvées, elle donne à notre séducteur un sex-appeal à fond, quel que soit le niveau de sa barre dans ses statistiques.
Ouf ! On a enfin fini par en voir le bout ! Et tout ceci sans compter les missions principales !
Croyez-nous que vous en aurez pour un moment à terminer tout ça !
Il convient de parler également des braquages, dont la plupart se feront en compagnie d’une cinglée nommée Catalina. Ces missions sont subsidiaires mais restent importantes tout de même. Cette sous-intrigue trouvera sa conclusion avec le grand casse d’un casino de Venturas (dans un style à la Ocean’s Eleven) qui pourra même être considéré comme le véritable climax du jeu, tellement il constitue une meilleure séquence que la fin officielle, assez plate finalement.
Abordons maintenant un autre aspect de cette foisonnante proposition avec les caractéristiques de personnalisation. En effet, il sera possible dans les garages de tuning de modifier les véhicules à sa guise. Les choix de customisations sont nombreux sans atteindre toutefois ce que le V propose en la matière, néanmoins cela laisse quand même de quoi faire. Peinture, jante, capot, suspension hydraulique, sono… voici entre autres ce qui sera adaptable selon vos goûts.
À noter que les véhicules spéciaux (police ou ambulance par exemple) ne sont pas modifiables.
Mais là où le jeu marquera tous les esprits, c’est sur la personnalisation de CJ lui-même ! Musclé, maigre, gros, coupe afro, crâne rasé, bien sapé ou mal fagoté… c’est à vous de choisir.
S’il ne devait y avoir qu’une seule chose à retenir de San Andreas (ce qui est loin d’être le cas), ce serait le travail effectué sur son personnage principal. Aussi bien en terme d’écriture qu’en terme de physique évolutif. Cela nécessite toutefois un certain effort du joueur car pour obtenir – et maintenir – son protagoniste sous la forme que l’on souhaite, il faut suivre un régime strict (dans un sens ou dans l’autre).
Les statistiques personnelles de Carl sont disponibles dans un tableau consultable à tout moment et celui-ci nous informe du taux de graisse, de muscle, d’endurance, de respect et de sex-appeal de notre antihéros.
Notre homme a également des barres de progression en ce qui concerne le maniement de chaque arme ainsi que pour chaque type de conduite (routière, aérienne ou navale). Là encore, remplir la totalité de toutes ces barres demande un certain temps et tout autant d’investissement de la part du joueur.
L’AVENTURE C’EST L’AVENTURE.
Remplissant une fois de plus, l’équipe de Rockstar North et sa cinquantaine d’employés – désormais bien rodés – entament le développement de ce nouveau GTA peu après la sortie de Vice City, avec toutefois un avantage en plus : ils disposent de deux ans pour faire aboutir le projet au lieu d’un seul.
Ce délai supplémentaire que l’on pourrait croire bénéfique va se révéler un piège pour l’équipe, aux ambitions hors normes. Car désormais tout le monde voit grand, l’imagination et les possibilités semblent infinies, les limites ont explosé dans tous les sens.
Rockstar est sur un nuage.
Certains membres du studio enchaînent les journées de 17 heures devant un projet devenu pharaonique. La production est désormais éclatée entre le Royaume-Uni, New York et Los Angeles. Des tensions se font sentir et certaines finiront par éclater, résultant sur le départ de certains membres historiques.
La particularité de ce GTA, c’est l’ampleur de sa carte, imaginée au début comme trois distinctes mais finalement réunies en une seule. Chaque ville, chaque région aura ses particularités, son caractère, son ambiance. C’est bien à trois jeux que nous avons affaire là, quatre si on compte tout l’aspect rural du titre, loin d’être négligeable.
Quand le développement gargantuesque se termine, la campagne de promotion est déjà bien lancée, et pas qu’un peu. Les attentes sont énormes, les enjeux colossaux. Grand Theft Auto San Andreas sort fin octobre 2004 (janvier 2005 au Japon) et dire que le jeu est un succès serait un doux euphémisme. Il emporte tout sur son passage. Critiques et public l’encensent. Ce n’est pas encore un phénomène de société – le jeu vidéo reste un média marginal en ce temps-là –, mais dans le petit milieu des gamers, il est au centre de toutes les attentions.
27 500 000 exemplaires de San Andreas se seront vendus depuis sa sortie. Un chiffre éberluant qui élève Rockstar au firmament, la rendant quasiment intouchable. L’échec de la version Advance sortie dans les mêmes eaux passe complètement inaperçu. La société installe son statut de marginal, à part des autres dans l’industrie. Elle est désormais autosuffisante et instaurera dès lors un sceau du secret – déjà bien installé – quasiment impénétrable aussi bien sur ces productions que sur la moindre prise de parole.
Dans les mains des joueurs, le jeu impose son style et laisse la plupart d’entre eux baba. Tout le monde est sonné devant la proposition de ce nouveau GTA, qui semble avoir franchi un cap énorme depuis Vice City, sorti pourtant seulement 2 ans auparavant.
L’immersion dans la vie de CJ est instantanée, la technique n’est pas défaillante, les graphismes sont un peu en deçà des grands standards de l’époque mais cela se justifie par l’ampleur des environnements, qui semblent incommensurables. Los Santos, San Fierro et Las Venturas happent pendant des heures, des semaines, des mois tous ceux qui s’en approchent…
Comme pour GTA Vice City, on trouve du beau monde du côté du casting vocal. Rien de moins que Samuel L. Jackson (l’officier Tenpenny), James Woods (l’agent fédéral Mike Toreno), Peter Fonda en personne (« The Truth »), William Fichtner (Ken Rosenberg, de retour après Vice City).
En ce qui concerne les gens de Grove Street, ce sont surtout des rappeurs qui prêtent leur voix : Christopher ‘Young Maylay’ Bellard pour Carl ‘CJ’ Johnson, Faizon Love pour Sean ‘Sweet’ Johnson, Clifton Powell pour ‘Big Smoke’, Aaron ‘Mc Eith’ Tyler pour Ryder et Yolanda ‘Yo-Yo’ Whitaker pour Kendl Johnson.
Du côté des ondes, on trouve de belles choses pour les oreilles même si on avoue une préférence pour la station Master Sound et son groove d’antan. 11 radios au total sont à découvrir, avec chacune son style comme à l’accoutumée.
LES FAILLES DE SAN ANDREAS
De tous les GTA, San Andreas est certainement le plus facile. Et encore heureux au vu de sa durée de vie faramineuse. Ceci ne signifiant pas pour autant qu’il propose une balade de santé, surtout lors des phases de Gunfight particulièrement relevées (la boucherie, le bâtiment final, la base militaire…).
La première véritable résistance qu’opposent les rues de Los Santos concerne la mission « Reuniting the Families » dans laquelle on doit sauver Sweet détenu par une armada Ballas dans un motel miteux. On y affronte d’abord les rivaux des quartiers voisins avant de devoir faire face aux forces armées de la police qui n’y vont pas de main morte… notamment en faisant appel à un hélicoptère !
Autre mission bien relou, « Supply Lines », durant laquelle nous sommes au volant d’avions miniatures à la maniabilité incertaine avec lesquels nous devons atteindre des cibles définies et mouvantes dans tout San Fierro. Houlalaa. La galère…
Et enfin, et c’est un peu plus normal, la dernière mission du scénario qui nous voit poursuivre un camion de pompiers à travers une ville en proie aux émeutes, qui demanda là aussi maintes tentatives pour en voir l’accomplissement.
Malgré ses prouesses incontestables qui forcent le respect, GTA San Andreas connaît tout de même quelques déboires et quelques frustrations. La plus remarquable d’entre elles, à la fois anodine et un brin surprenante, c’est que notre bon Carl, capable de tous les exploits ou presque, se retrouve comme deux ronds de flan dès lors qu’il se retrouve au pied d’une échelle. Impossible pour lui de saisir les échelons de l’ustensile et de grimper au sommet. Encore aujourd’hui on reste stupéfait devant ce fait improbable alors que le jeu propose tant de choses par ailleurs… Y compris la nage qui fait son apparition avec cet épisode !
Ensuite on pense qu’il y a beaucoup trop de collectibles, et en particulier trop de tags (100). On est pourtant bien loin des mondes ouverts actuels à la Ubi ou des 999 Korogus à la c*n de « Breath of the Wild », mais c’est pourtant déjà de trop pour nous et notre maigre patience (et notre faible investissement possible à consacrer au jeu vidéo).
Cependant le pire – le pire ! – reste les ‘autres’ (comme dirait Sartre). Les piétons comme les chauffeurs. Ils sont totalement insupportables à chaque seconde. Se jetant sous les roues au lieu de s’éloigner, paniquant pour on ne sait quelle raison, agissant de manière stupide 90 % du temps (les 10 % qui restent, ils sont apathiques)… De vrais benêts !
Et une fois derrière un volant, l’intelligence artificielle change du tout au tout pour devenir agressive et rageante. On ne nous fera pas croire que Rockstar n’a pas programmé la conduite des PNJ EXPRÈS pour embêter (pour rester poli) en permanence le joueur ! Et si cela prête à sourire les cinq premières minutes, cela finit par énerver au plus haut point après de longues heures de jeu !!
BILAN
Grand Theft Auto San Andreas reste à ce jour le GTA le plus complet de la licence, c’est incontestable. Grand sans être inutilement énorme, rempli jusqu’à plus soif et proposant un tas d’activités diverses, c’est un opus qui prend la place de trois en termes d’envergure.
Le récit nous emmène dans le monde des gangs des quartiers défavorisés de San Andreas avant de s’en éloigner grandement pour mieux y revenir boucler la boucle dans ce final qui évoque bien sûr les vraies émeutes de Los Angeles en 1992.
Son héros, CJ, a bénéficié d’un travail d’orfèvre au niveau de sa personnalisation et il est peu compréhensible que ce système n’ait pas perduré dans les épisodes suivants. Peut-être justement parce que cela demande beaucoup de boulot et beaucoup de ressources qu’il vaut mieux les utiliser ailleurs dans la programmation ?
Alors certes le titre a pris son petit coup de vieux mais la proposition qu’il délivre reste hallucinante même vue d’aujourd’hui. Un épisode tout simplement légendaire qui restera à jamais dans le cœur de tous les fans de la saga-phare de Rockstar.






















