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Retro Come Back – Épisode 19 : En route vers GTA VI – Partie 5 : GTA Liberty City Stories – Populaire malgré tout…

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

GTA FACON SORTABLE

On continue notre découverte des GTA de la période dite ‘3D’ en revenant à Liberty City, lieu où tout commença. Ce ne sera toutefois pas sur console de salon que s’effectuera ce second voyage, mais bien sur une machine portable, la PSP.

Car nous sommes désormais en 2005 et la première console nomade de Sony est sur le marché depuis quelques mois. Rockstar est au firmament et dans cette période d’opulence décide de porter ses titres-phares sur la machine portable en vogue.

Cependant, en lieu et place de simples portages, il s’agira de fait de deux nouveaux titres, préquelles à leurs jeux d’origine et affublés du sous-titre « Stories ». Et donc de sortir en premier « Liberty City Stories », avant « Vice City Stories » l’année suivante.

Le procédé de la préquelle sur console portable est un grand classique, cela permet de reprendre une bonne partie de la programmation initiale d’une carte, d’en enlever une partie et de prétexter le « ça se déroule avant » pour expliquer les immeubles pas encore construits ou les quartiers en friche.

Dans le cas spécifique de ces deux Grand Theft Auto cela sera toutefois un peu différent, des ajouts notables venant s’ajouter aux gameplay, comme la possibilité de jouer avec ses propres bandes-son par exemple.

Pour exploiter au mieux les spécificités de la PlayStation Portable, un nouveau moteur est utilisé, premier changement depuis GTA III. Un mode multijoueur est même de la partie, et pour une fois plutôt efficace, loin des errances des premiers essais sur les premiers épisodes en 2D.

En 2006, soit pas si longtemps que ça après, le jeu est adapté sur PS2 pour élargir son marché, déjà bien conquis. GTA Liberty City Stories est en effet le jeu le plus vendu de la portable estampillée PlayStation : 8 millions d’UMD se sont écoulés uniquement de cette version. Un chiffre faramineux.

Au total, les ventes de ce GTA – toutes versions confondues – s’élèvent à plus de 11 millions d’unités…


Partie 1 : Les Épisodes 2D ( et un peu d’ historique )
Partie 2 : Grand Theft Auto III – l’épisode révolutionnaire
Partie 3 : Grand Theft Auto Vice City – Brillant épisode
Partie 4 : Grand Theft Auto San Andreas – L’indépassable
Partie 6 : Grand Theft Auto : Vice City Stories – Une Valeur Sûre
Partie 7 : GRAND THEFT AUTO IV – Le tournant essentiel

Partie 8 : Test de GTA Chinatown Wars (PSP)
Partie 9 :  GTA V – Prospère épisode
Partie 10 : GTA VI – Fantastique Promesse


TELLE EST LA LIBERTÉ

Antonio Cipriani est de retour après avoir été mis au vert durant des années pour avoir commis un crime qui sauva la mise du Don Salvatore Leone. Mais cette période loin des siens lui aura fait perdre de son influence au sein de la Famille et c’est quasiment en tant que porte-flingue de base qu’il réintègre la hiérarchie de son groupe, à son grand désarroi.

D’abord sous-fifre d’un lieutenant qui compte bien l’exploiter pour les plus basses besognes, Tony va jouer des coudes et faire parler la poudre pour retrouver son statut d’antan auprès de Salvatore, et même pourquoi pas devenir l’un des grands boss de la ville.

La formule de Gran Theft Auto reste inchangée dans ce nouvel épisode qui sera en gros l’adaptation pour PSP de GTA III avec un scénario inédit, se déroulant en 1998 – soit 3 ans avant le parcours sanglant de Claude – donnant au joueur la possibilité d’incarner l’un des personnages secondaires du jeu culte de Rockstar.

Au sein d’un environnement qui fait la part belle à l’automobile, il faudra effectuer tout un tas de missions ou de quêtes annexes pour aider notre bonhomme à se (re)faire un nom dans le milieu de la pègre. Fusillades, courses-poursuites, alliances et trahisons seront au programme et il faudra s’accrocher pour parvenir au bout de l’aventure en compagnie de Tony.

En effet, c’est un titre à l’ancienne, sans sauvegarde auto et assez rude dans son cheminement. Si vous mourrez ou êtes arrêté, vous perdrez tout votre matériel (armes et gilet) et devrez tout acheter ou dénicher de nouveau. Ça fait mal.

Pour les connaisseurs de GTA III – et ils sont nombreux – il faut savoir que la carte de Liberty City Stories est similaire à 95%, avec donc néanmoins quelques écarts sans grande incidence. Un quartier en chantier ici, un autre qui s’apprête à être détruit là-bas… ce genre de choses. Le changement le plus notable sera la présence d’un ferry en lieu et place du tunnel au nord entre les îles de Staunton et Portland. Mais globalement les joueurs s’y retrouveront sans peine dans cette préquelle.

Par contre la vraie grande nouveauté vient de la présence de deux-roues motorisés dans la Cité de la Liberté, les engins étant totalement absents dans le troisième opus. On retrouve les classiques de la série comme le motocross, la bikeuse type Harley-Davidson ou le pur bolide japonais. Un ajout fort sympathique qui s’accompagne de quelques épreuves dédiées (de courses ou d’obstacles) mais qui ne changeront pas fondamentalement l’essence du jeu.

Il est toutefois intéressant de noter que dans le livret qui accompagne l’UMD, qui prend la forme d’un numéro du Liberty Tree, le journal de la ville mentionne une campagne de sensibilisation visant à interdire les motos dans les rues, pour être raccord avec leur non-présence dans le futur (donc dans GTA III). Malin et rigolo.

MAFIA ET SES À-CÔTÉS

Outre les habituelles missions principales et annexes, on retrouve tout un lot d’activités qui sont coutumières lors de cette ère 3D. Les sempiternelles et toujours plaisantes missions de taxi, d’ambulance, de pompier et de flic font bien sûr partie du package, tout comme les moins connues missions de livraisons de pizzas, qui se dédoublent ici avec un service de livraison de nouilles chinoises, calqué sur le même principe.

Il y aura aussi des courses urbaines qu’il faudra gagner, en étant 1) soit au volant de belles bagnoles 2) soit au guidon de meules qui dépotent 3) soit à la télécommande de 4X4 en modèle réduit. Il faudra bien souvent plusieurs essais pour parvenir à franchir la ligne d’arrivée en tête.
Des courses contre-la-montre ou des parcours d’obstacles seront disponibles en plusieurs lieux, généralement faisables avec un deux-roues.

On trouve également ce qu’on nomme des ‘rodéos’, consistant en des épreuves de massacres la plupart du temps. Certains petits boulots demanderont aussi de commettre des meurtres de masse ‘dans la joie et la bonne humeur’.

Plus classique, la ‘livraison’ de véhicules à des fins d’import/export et qui nous voit organiser un ‘grand vol de voitures’ à travers toute la ville. C’est toujours cool à faire… à condition de ne pas tourner en rond des plombes pour choper un modèle rare.

Pour finir avec le cahier des charges, on aura encore et toujours droit aux ‘paquets cachés’ (ici des porte-clés représentant une main faisant un signe obscène) qui toutes les 10 trouvailles octroient un bonus à la planque (des armes ou le gilet pare-balles) et aux cascades qui font toujours classe quand on les réussit (ou clash quand on les rate…).

Passons maintenant aux éléments spécifiques à cet opus.

En premier lieu le boulot d’éboueur, qui, comme le laisse deviner l’intitulé de la fonction, consistera à collecter divers conteneurs à déchets – communément appelés poubelles – et de les convoyer dans le temps imparti à la déchetterie. On essaye une fois pour voir ce que cela donne mais on ne passe pas des heures dessus.

Un emploi plus captivant sera celui de ‘photographe pour touristes’, disponible dans un stand près de l’aéroport. Vous devrez accompagner un visiteur auprès d’un lieu touristique, le prendre en photo par trois fois puis le raccompagner au point de départ avant le décollage de son vol. Des bonus sous forme de pépètes sonnantes et trébuchantes seront attribués en fonction de la qualité des photographies. Voilà typiquement le genre de petites quêtes annexes fort sympathiques mais qui connaît quelques galères lors de la mise en pratique.

Autre boulot, autre ambiance avec la possibilité de devenir vendeurs de voitures ou de motos. Manette en main, cela consiste à embarquer un client dans son véhicule de prédilection et de rouler à l’allure convenue, voire de réaliser quelques manœuvres qui convaincront l’acheteur de passer à la caisse. Un super job, qui se fait sans déplaisir, surtout pour ce qui est de la partie deux-roues. Notez que les deux magasins sont distincts l’un de l’autre, mais le principe est identique dans les deux boutiques.

Autre aspect assez particulier avec ce hobby de ‘Vigilante’ qui nous voit jouer en compagnie de camarades tout aussi singulier, les protecteurs de pacotille faisant plus de mal que de bien. Cette partie du jeu est composée de 45 missions – excusez du peu ! – donnant de sacrés bonus quand on en vient à bout.

Et enfin il y a cette épreuve du « TV Slash ». À fond de cale d’un navire bien crado, vous devrez dessouder des groupes d’assaillants qui vous attaquent par grappes, chaque sale type étant muni d’une tronçonneuse. Une arme qui ne pardonne pas la moindre erreur. Possibilité de gagner le costume de Poulet si vous réussissez par deux fois ce sacerdoce…


UN CHEMIN DE CROIX (ROND CARRÉ TRIANGLE)

Cet énième épisode de la licence GTA ne pourrait être qu’anecdotique au sein de la saga, mais il n’en est rien. Et ce pour une raison bien précise : c’est le plus mauvais des Gran Theft Auto.

D’une agaçante difficulté, le jeu n’est pas aidé par un protagoniste peu amène et sans profondeur. C’est un coupe-jarret de la mafia qui n’a pour ambition que de couper des jarrets pour la mafia. Il y aura bien un semblant de développement de caractère dans sa relation conflictuelle avec sa mère (une mégère qu’on ne fait qu’entendre derrière ses rideaux) et on pouvait même croire à un moment donné en une romance avec l’épouse japonaise délaissée Toshiko Kasen, mais non. C’est un être froid au cœur de pierre, et basta.

Pour en revenir à la difficulté de ce GTA, cela va en fait plus loin que cela. C’est un sentiment général d’un soft mal calibré dans son ensemble.

Et nous mettrons en exergue un bel exemple pour démontrer cela : l’histoire principale est découpée en 70 missions dont 33 se déroulent sur Portland. Oui, quasiment la moitié du jeu se déroule sur la première île, sans accès aux deux autres !

Ajoutez à cela que pour enfin boucler ce premier îlot, il y a une dernière épreuve complètement dingue dans la cale du bateau – le même endroit où se déroulera par la suite l’émission ‘TV Slash’ – qui se révèle plus balèze que la véritable dernière mission du jeu, qui, elle se déroule au phare. Avec cela vous ne pourrez que constater le manque d’équilibrage flagrant de ce Liberty City Stories.

Le truc, c’est qu’au final, aucun niveau de ce jeu n’est fun ou plaisant à jouer.

Toutes les missions sont d’une lourdeur insondable, se parcourent avec peine et nombreux soupirs de désespoir (mention spéciale pour ‘Salvatore’s Salvation’ qui nous aura fait voir rouge !). Alors certes dans les autres épisodes il y a aussi quelques missions bien reloues qui prennent le chou mais là c’est quasiment la totalité qui prend la tête.

C’est bien simple, on finit par décompter le nombre de missions qu’il nous reste à faire pour voir le bout du scénario, chose que nous ne faisons jamais dans les autres épisodes.

Pour contrebalancer tout cela, le titre s’offre le meilleur thème musical de toute la saga, rien de moins. Cette musique est vraiment exceptionnelle et rappelle plus ce que l’on peut entendre dans Red Dead que dans GTA. Ouvrez grand les oreilles pour pleinement apprécier ce morceau :

BILAN

Qu’il est difficile de parvenir au générique de fin de Liberty City Stories ! Avec son personnage principal antipathique au possible, ses missions toutes plus casse-noisettes les unes que les autres et son rythme mal agencé, cet épisode se retrouve clairement tout en bas de notre classement général des Gran Theft Auto.

Il n’en reste pas moins qu’il propose de belles petites choses annexes, comme le coup des ventes de véhicules, les missions de ‘milices’ ou bien encore le job d’éboueur.

Pour finir, on précisera que le jeu est bien plus agréable à jouer dans son portage PS2, car l’apport de la seconde analogique permet un contrôle caméra bien meilleur, contrôle qui dans la version PSP est cantonné à une fonction secondaire du bitoniau champignonesque via la gâchette gauche. Ce qui n’est pas vraiment très pratique…

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