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Retro Come Back – Épisode 19 : En route vers GTA VI – Partie 3 : GTA Vice City – Brillant épisode

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

On continue notre virée en compagnie de Rockstar et GTA avec ce coup-ci un épisode proposant une ambiance bien différente des opus précédents. C’est que l’on quitte la grisaille et les ruelles ternes pour le farniente et le sable fin. Après avoir visité Vice City dans le premier Grand Theft Auto en vue « du dessus », nous voilà de retour en ville dans un bel écrin en trois dimensions cette fois-ci.


Partie 1 : Les Épisodes 2D ( et un peu d’ historique )
Partie 2 : Grand Theft Auto III – l’épisode révolutionnaire
Partie 4 :  Grand Theft Auto San Andreas – L’indépassable
Partie 5 : GRAND THEFT AUTO Liberty City Stories – épisode Populaire malgré tout…
Partie 6 : Grand Theft Auto : Vice City Stories – Une Valeur Sûre
Partie 7 : GRAND THEFT AUTO IV – Le tournant essentiel

Partie 8 : Test de GTA Chinatown Wars (PSP)
Partie 9 :  GTA V – Prospère épisode
Partie 10 : GTA VI – Fantastique Promesse


ADIEU LA LIBERTÉ, BONJOUR LE VICE

Tommy Vercetti, ancien homme de main d’un des parrains de la mafia de Liberty City, sort d’un séjour de quinze ans de prison. En guise de réintégration dans la famille Forelli, qui craint son retour dans les rues, il est envoyé à Vice City afin de se lancer dans le trafic de drogue auquel la Mafia ne se livrait pas jusque-là.

Une fois sur place, Tommy a fort à faire mais s’attelle à la tâche avec zèle. Il rencontrera toute la pègre de la ville et petit à petit se fera un nom, des relations et enfin un business.
Mais Sonny Forelli voit d’un mauvais œil son ancien poulain bâtir un empire loin de son contrôle…

La première chose à signaler, c’est que Vice City – comme tous les autres jeux de l’ère ‘3D’ – se déroule AVANT GTA III. Plus exactement 15 ans auparavant. Et afin de mettre les choses au clair, là où Liberty City représentait New York, Vice City est évidemment une caricature de Miami. Ambiance plus solaire donc, avec boîtes de nuit bordées de palmiers, néons qui claquent et jolies pépées à tous les coins de rue.

Au cours des missions principales, nous serons amenés à côtoyer deux gangs ennemis : les Cubains et les Haïtiens. Monsieur Vercetti, en bon homme d’affaires qu’il est, pactisera avec les deux camps à l’insu de leur plein gré (et un peu aussi à l’insu du sien d’ailleurs…). Il passera aussi du temps avec les bikers du coin, qui sont des protagonistes récurrents de la saga. Nous (re)croiserons également Phil Cassidy qui nous assignera une ou deux missions bien pétaradantes.

La structure narrative de ‘GTA Vice City’ est assez singulière par rapport aux autres épisodes. En effet en plus de ses habituelles missions scénarisées, nous découvrons « les missions d’entreprises ». Un bien intéressant concept. Notre bon Tommy, voyant assez rapidement son pécule s’étoffer, va au-delà de s’acheter des demeures qui lui serviront de point de sauvegarde aux quatre coins du patelin, se décider à devenir propriétaire de diverses entreprises assez mal en point.

Il pourra s’agir d’une compagnie de taxis, de la gérance d’un dock portuaire, d’une usine de crème glacée, d’un studio de cinéma de série B (voir carrément classé X) ou bien d’être le garde du corps des ‘Love Fist’, un groupe de Glam-Rock typique des années 80. Chacune de ces sociétés réclamera les bons services de leur nouveau patron pour effectuer soit quelques tâches ingrates (c’est-à-dire avoir du sang sur les mains), soit carrément faire la tournée des popotes. Donc devenir chauffeur de tacot ou bien faire la distribution des glaces (à la sauce Grand Theft Auto…).

Une dernière catégorie, celle des missions d’assassins. Par contacts téléphoniques – soit sur le portable, soit en cabine publique –, il est confié à notre antihéros le soin de se débarrasser de quelques individus gênants. Au nombre de cinq, certaines d’entre elles sont loin d’être évidentes à boucler, surtout celle nommée ‘Autocide’ qui demande de flinguer un par un des personnages pastiches des jeux concurrents de GTA (Dick Tanner, Nick Kong…). Sans doute le niveau le plus stressant de toute l’aventure.

Une fois terminé l’ensemble de ces missions d’origines diverses, se débloqueront alors les deux missions finales qui ne seront pas des plus hargneuses. Une petite difficulté sur la séquence du Big Boss car elle voit popper des ennemis à l’infini mais en gérant bien la course et en se focalisant sur ses objectifs on en vient assez rapidement à bout.

Globalement, en dehors de quelques missions ponctuelles, GTA Vice City n’est pas particulièrement compliqué. Mais il souffre d’autres problèmes…

PAS VRAIMENT AMI-AMI

Honnêtement, question maniabilité de ce cher Tommy, il n’y a rien de particulier à signaler. Le perso répond bien, il saute quand on le lui demande, cible sans problème, tire avec aisance… Aucun souci.

Par contre derrière un volant, faut faire gaffe au tangage parfois capricieux de certains modèles automobiles, on peut rapidement finir dans le décor. Au passage, les poteaux de Vice City ont une étrange tendance à être puissamment aimantés car à peine effleurés qu’ils stoppent net votre véhicule sur place. Il faut savoir garder son calme face à ce phénomène ô combien perturbant…

Mais ce qui va le plus nous chiffonner, c’est le fait que Tommy ne sache pas nager. Oups. Cela complique passablement les choses, surtout dans une ville où l’océan fait partie du quotidien.

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Là où en revanche nous avons été poussés à bout, c’est en ce qui concerne les errances de programmation. On vous assure qu’il faut le voir pour le croire : on y croise perpétuellement des bugs ! À tel point qu’à un moment donné ils deviennent partie intégrante de l’univers.

Véhicules ou piétons qui tombent du ciel, bateaux qui foncent sur les pontons car ils ne savent pas virer correctement (même phénomène avec les voitures qui tentent des demi-tours sur les ponts), engins qui s’encastrent de manière improbable… On en passe des pires et des meilleures.

Mais s’il n’y avait que cela ! L’IA complètement à l’ouest des PNJ de ce GTA se notera surtout lors des courses-poursuites avec les forces de l’ordre. C’est bien simple, elles ne savent rien faire d’autre que vous foncer dessus comme des dératées. Tant et si bien que les cavalcades finissent par devenir rien d’autre que du ‘Damage Control’ permanent, à tenter de rallier son point d’arrivée du mieux que l’on peut en ayant l’impression de contrôler une bille dans un flipper.

Rageant mais on finit par s’adapter et surtout à comprendre la mécanique d’apparition des voitures de flics : à chaque carrefour sans visibilité, une caisse estampillée VCPD surgit comme un boulet de canon hystérique. Une fois cela compris, on anticipe le coup et tout devient plus simple.

Toujours en ce qui concerne les voitures des personnages non-jouables – civils cette fois –, c’est totalement insupportable leur manière de tourner AU DERNIER MOMENT ET À ANGLE DROIT ! Et toujours sans clignotant ! Accident assuré.

Il y a aussi cette fâcheuse habitude qui rend marteau de changer plusieurs fois de file tous les 50 mètres (une fois à gauche, une fois à droite, puis retour à gauche, etc.). Non vraiment cette intelligence artificielle porte bien mal son nom !

Rapide topo sur la vie marine de ce GTA. Elle est désormais bien présente mais n’espérez pas trop : ce sont des ballons de baudruche sans la moindre trace d’une quelconque animation. Ils se contentent de flotter au gré des courants. On pourrait presque y voir une référence ironique au requin de plastique que le réalisateur de films pour adultes Steve Scott tente de mettre dans toutes les scènes qu’il tourne…

UNE CITÉ PLEINE DE VIE

GTA Vice City se trouve être relativement court, du moins en comparaison de ses congénères. Non pas qu’il propose moins de choses, mais son récit principal se veut assez rapide et sans (trop) de remplissage.

Tout d’abord, Tommy fera pas mal de rencontres de personnages secondaires qui finiront par former une petite équipe de joyeux lurons toujours prêts pour un bon coup. L’équipe, une fois mise en place, va réaliser quelques coups fumeux avant de s’imposer par la force au sommet de la chaîne alimentaire de la ville. Puis viendra le temps de régler les comptes auprès de ses anciens associés. Et voilà, emballé c’est pesé !

Bien que le chemin de conquête de Mister Vercetti soit certes sans trop de fioritures, il ne faut pas oublier tous les à-côtés que propose Vice City. Et il y a de quoi faire !

Du côté des jobs, nous avons le classique trio ambulancier/pompier/policier suivi par l’indémodable taxi (pour votre société ou non). Nous découvrons ici le boulot de livreur de pizzas ou de nouilles chinoises, à dos de scooter. Terminer les challenges de chacune de ces vocations vous octroiera une capacité accrue, parfois de bon augure, comme l’amélioration de vos barres de vie/gilet de 50 % (indispensable !), l’insensibilité au feu ou le sprint infini.

Les missions dites « autodéfense » ne se font cette fois-ci pas uniquement au volant d’une voiture de flics mais peuvent s’effectuer également en hélicoptère (Hunter) quand celui-ci est débloqué. Pas simple mais kiffant !

Viennent ensuite tout un panel de courses plus ou moins faciles à dénicher. Une fois en possession de la concession auto ‘Sunshine’, vous avez accès via une affiche à une demi-douzaine de courses de rues endiablées. Autre possibilité au stade tous les soirs à partir de 20H 20 Hoù se déroulent des concours de stock-car que l’on qualifiera pour le moins de ‘percutants’.

Suivent les courses ‘à checkpoint’ disséminées partout en ville et qui se parcourent soit en moto, soit en bagnole 20 Hbagnole,soit en hélicoptère. Il y a aussi le petit ‘terrain de cross’ au nord qui lui propose un petit parcours soit en motocross (logique) bagnole,),soit en 4×4 de randonnée (le Landstalker pour les connaisseurs).

Enfin, la dernière catégorie ),catégorie,mais non des moindres : les courses de véhicules radiocommandés. En entrant dans les camionnettes ‘Top Fun’ s’enclenchent des courses à bord d’engins miniatures aussi bien roulant que volant. C’est plutôt funky catégorie,funky,bien que les contrôles ne soient pas très commodes.

Il existe aussi la possibilité de braquer 15 magasins si vous vous sentez d’attaque, 100 statuettes à collecter si vous êtes explorateur, un stand de tir si vous êtes un as de la gâchette, 35 rodéos si vous êtes d’humeur massacrante et 36 ‘funky,’sauts uniques’ si vous voulez jouer au casse-cou.

Et quand vous aurez terminé cette liste à la Prévert, ce sera déjà pas mal !

C’EST BIEN TROUVÉ, C’EST BIEN TOMMY.

Le développement de GTA : Vice City suit directement celui du troisième épisode. À la base d’ailleurs c’était conçu comme un « pack de missions » à ce dernier avant que le projet ne prenne son envol, très probablement fortement aidé par le succès commercial des aventures de Claude.

C’est Rockstar North –– autrefois DMA Studio – qui rempile. Cependant il faut repartir de zéro tellement la forme recherchée n’est pas la même, malgré un fond commun. Des membres du studio seront envoyés sur place pour s’imprégner de ce nouvel environnement. Et le constat est sans appel.

Miami se veut bien plus lumineuse que sa cousine new-yorkaise. Ciel bleu permanent, ambiance festive dans les rues, plage de sable fin… et surtout une atmosphère très années 80, pleine d’insouciance et de nuits enfiévrées. Le choix de Rockstar defaire dérouler l’action en 1986 dans leur Vice City fictive se justifie pleinement. Il permet de magnifier la ville, d’en saisir l’essence.

Cette vibration ‘so eighties’ se ressentira dans chaque pixel du titre, de ses morceaux musicaux aux vêtements des protagonistes, de ses références (Scarface, Deux Flics à Miami…) au style même des bagnoles.

D’ailleurs on en a déjà parlé plus haut, mais c’est bien ici qu’apparaissent les motos et autres deux-roues dans la licence, ainsi que les hélicoptères, petits avions et même bateaux. Petit à petit le parc des véhicules s’étoffe.

Ne passons pas à côté d’un casting vocal clairement ambitieux car il s’agit tout de même du regretté Ray Liotta qui prête sa voix à Tommy Vercetti, excusez du peu ! Il sera assisté de Philip Michael Thomas dans le rôle de Lance Vance, William Fichtner dans celui de l’avocat pétochard Ken Rosenberg, ou bien rien de moins que Burt Reynolds pour incarner le magnat de l’immobilier texan Avery Carrington !

Lee Majors, Dennis Hopper, Gary Busey, Danny Trejo complètent une distribution vocale qui laisse pantois d’admiration.

Pour les voix féminines, la classe également avec la mythique Debbie Harry du groupe Blondie en tant que standardiste des radios-taxis. Dans un autre genre, c’est Jenna Jameson qui double l’inénarrable Candy Suxx…

Un petit point musical pour finir. Les titres sont comme toujours dans les GTA très bien vus, mais on regrettera qu’il y ait trop de bla-bla sur les ondes radio. Entre les pubs – parfois interminables – et les émissions auxquelles on ne comprend rien si nous ne sommes pas anglophones, ce n’est pas forcément très plaisant à entendre. Toutefois le choix radiophonique est suffisamment vaste pour pouvoir changer prestement de station à la recherche d’une chanson qui nous satisfera.

Sorti initialement sur PS2 en 2002, sur Xbox et PC en 2003, il reviendra en 2010 sur mobiles avant de faire partie de la trilogie « Definitive Edition » éditée en 2021 (qui connaîtra pas mal de déboires techniques corrigés par de nombreux patchs). Il s’est vendu au dernier relevé des compteurs à plus de 21 600 000 exemplaires, toutes versions confondues. Un chiffre qui laisse rêveur…

BILAN

Dans une proposition miroir à GTA III, Vice City a gagné sa place de choix dans la saga. Sa générosité et la diversité des à-côtés qu’il propose laissent une marge de manœuvre énorme question jouabilité. On ne sait parfois plus où donner de la tête tant le jeu propose d’activités et il vaut mieux faire les choses une par une pour ne pas se retrouver submergé.

L’ambition autour de tous les aspects du titre reste palpable : le contenu, les références, le casting vocal, l’ambiance… Rockstar avait clairement sorti les grands moyens pour cet épisode ! C’est juste dommage que Tommy n’ait pas de brassards gonflables à enfiler pour pouvoir se mettre à l’eau…

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