Microsoft a lancé une nouvelle vague massive de licenciements, touchant environ 4 % de ses effectifs mondiaux, soit près de 9 100 personnes. Et c’est la division Xbox qui subit les plus lourdes pertes. Des studios de renom, des projets ambitieux et même des licences attendues sont brutalement mis à l’arrêt, dans un mouvement qui secoue tout le paysage du jeu vidéo américain.
Parmi les annonces les plus marquantes, Everwild, le mystérieux projet de Rare, est officiellement annulé, tout comme le reboot de Perfect Dark, développé par The Initiative, désormais fermé. Le MMORPG de ZeniMax Online, connu sous le nom de code Blackbird, est également abandonné après sept ans de développement. Selon plusieurs sources, près de 50 % des effectifs de Turn 10, développeur de Forza Motorsport, ont aussi été licenciés. Une véritable hémorragie.
L’impact se fait sentir dans toute la galaxie Xbox : Sledgehammer Games, Raven Software, High Moon Studios, Compulsion Games, Undead Labs (développeur de State of Decay 3) et même la QA de Mojang (créateurs de Minecraft) sont concernés. Blizzard n’est pas épargné non plus, avec des départs dans les équipes de Warcraft Rumble, de l’éditorial, du contrôle qualité, et plus encore. Le malaise semble systémique, affectant autant les studios d’envergure que les équipes de soutien.
Dans une note interne, Phil Spencer, patron de Microsoft Gaming, évoque la nécessité de « se concentrer sur les opportunités les plus fortes » et d’adopter une structure plus agile. Le message se veut rassurant pour l’avenir, mais difficile de ne pas y voir un virage stratégique brutal, marqué par un recentrage sur les licences phares et une réduction des risques. Matt Booty, à la tête de Xbox Game Studios, parle lui de “choix difficiles mais nécessaires dans un contexte de transformation de l’industrie”.
Pour l’instant, les projets montrés lors du Xbox Games Showcase de juin 2025 sont annoncés comme “sauvegardés”, mais cette annonce ne suffit pas à calmer l’inquiétude des joueurs et des développeurs. Xbox, autrefois acteur audacieux misant sur la créativité de ses studios, semble aujourd’hui opérer un repli défensif, sacrifiant plusieurs années de travail et de vision au nom de la rentabilité. Une page se tourne… mais à quel prix ?

