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Micromania change de propriétaire et prépare sa transformation

Schmurz [Mascotte]
Nom : Schmurz - Origine : Vient de la planète GAMOVER - Taille : 1m40 - Poids : 40kg (80kg tout mouillé, car sa peau absorbe l'eau) - Age 30 ans gamoveriens (entre 30 et 34 années terrestres)

C’est une page importante de l’histoire du jeu vidéo français qui se tourne. Fondée en 1983, Micromania vient officiellement de changer de mains après plusieurs mois d’incertitudes. L’enseigne française, propriété du groupe GameStop depuis 2008, a été rachetée le 16 juillet 2026 par un consortium franco-québécois composé de Stephan Tétrault, Jean-François Chenail, Sandra Callahan et Stephen Callahan. Si le montant de l’opération n’a pas été dévoilé, les ambitions des nouveaux propriétaires, elles, sont déjà bien connues.

Avec plus de 300 magasins répartis sur le territoire français et près de 6 millions de clients, Micromania reste l’un des acteurs majeurs du secteur malgré les difficultés rencontrées ces dernières années. La baisse constante des ventes de jeux vidéo physiques, accélérée par la dématérialisation du marché, a profondément bouleversé son modèle économique. L’annonce récente de PlayStation, qui prévoit de mettre un terme aux jeux physiques sur ses consoles à partir de janvier 2028, illustre parfaitement les défis auxquels sont désormais confrontées les enseignes spécialisées.

À la tête du consortium, Stephan Tétrault n’est pas un inconnu du secteur. Actionnaire majoritaire d’EB Games Canada, il a déjà mené avec succès la transformation des anciens magasins GameStop canadiens en misant davantage sur les produits dérivés, les cartes à collectionner et l’événementiel. Selon les chiffres communiqués par l’entreprise, les ventes liées aux cartes et aux produits dérivés ont progressé de près de 75 % depuis cette restructuration et 97 % des boutiques seraient redevenues rentables en 2025. Un modèle qui semble aujourd’hui destiné à être reproduit en France.

Les nouveaux propriétaires promettent toutefois de préserver l’ADN de Micromania avec une philosophie résumée par la formule « des passionnés au service des passionnés ». Officiellement, le jeu vidéo demeure au cœur du projet, mais il ne sera plus nécessairement l’unique activité de l’enseigne. Les cartes à collectionner, les figurines, les mangas, les peluches ou encore les produits issus des grandes licences de la pop culture devraient désormais occuper une place beaucoup plus importante dans les magasins.

Ce changement de stratégie n’est d’ailleurs pas une véritable surprise. Avec l’arrivée des boutiques Zing, Micromania avait déjà amorcé sa diversification il y a plusieurs années. Le succès phénoménal des cartes Pokémon, Magic: The Gathering ou encore Disney Lorcana a convaincu de nombreux distributeurs de réorienter une partie de leurs activités vers ces produits particulièrement populaires et souvent plus rentables que le jeu vidéo traditionnel.

Parmi les premières annonces figure notamment l’ouverture d’un premier magasin Flagship près de Paris dès le mois d’octobre 2026. Plus spacieux, celui-ci devrait proposer des événements communautaires ainsi qu’une expérience davantage tournée vers la pop culture. Le consortium prévoit également l’installation de distributeurs automatiques de cartes à collectionner dans une trentaine de centres commerciaux français.

Cette transformation pourrait toutefois avoir quelques conséquences moins réjouissantes. Les nouveaux dirigeants ont annoncé qu’une analyse complète du réseau serait prochainement menée afin d’évaluer l’emplacement et la rentabilité des boutiques existantes. Derrière ces termes relativement classiques se cachent potentiellement des relocalisations, des agrandissements, mais également des fermetures de magasins et possiblement des suppressions de postes.

Si l’avenir à court terme de Micromania apparaît désormais sécurisé, une question demeure : quelle place occupera réellement le jeu vidéo dans les années à venir ? Entre la progression inexorable du dématérialisé et l’explosion du marché des produits dérivés, l’enseigne pourrait bien devenir davantage un spécialiste de la pop culture qu’un vendeur de jeux vidéo au sens traditionnel du terme.

Reste que ce rachat constitue malgré tout une excellente nouvelle pour une enseigne emblématique qui accompagne plusieurs générations de joueurs depuis plus de quarante ans. Dans un marché particulièrement compliqué pour le commerce spécialisé, voir Micromania bénéficier d’un nouveau souffle et d’investissements importants ne peut qu’être accueilli avec optimisme. Il faudra désormais observer si cette nouvelle formule parviendra à séduire les joueurs tout en conservant ce qui a fait le succès de l’enseigne depuis 1983.

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