Blazing Strike a été testé sur Switch
Lorsque l’on entend le terme « jeux de combat en 2D », on ne peut s’empêcher de replonger dans la nostalgie des années 90. De nombreux souvenirs de soirées entre potes, à s’affronter sur les très célèbres Street Fighter ou King of Fighters, reviennent raviver la mémoire de cette époque bénie du jeu vidéo.
Ceux qui ont connu la sortie de Street Fighter 2 sur Super Nes puis sur Megadrive savent à quel point ce jeu a popularisé le genre « Combat 2D » aux yeux du grand public. Vint ensuite la génération Saturn et Playstation, la 32-bit de Sega étant d’ailleurs supérieure à sa concurrente sur ce secteur. Des titres comme Street Fighter Alpha, X-men VS Street Fighter, Fatal Fury ou encore Night Warriors firent le bonheur des jeunes joueurs que nous étions.
Puis, avec la génération des 128-bits et l’ouverture grandissante des jeux vidéo au grand public, la popularité des jeux de combats en 2D commença à décliner au profit des titres en 3D comme Soul Calibur, Rival School 2 ou encore Dragon Ball Z Budokai et Budokai Tenkaichi, dont le dernier opus sur PS5 et Xbox Series vient d’être testé sur Megaforce.
Même si la Dreamcast accueillit encore quelques pépites du genre, telles que Marvel VS Capcom, Capcom VS SNK ou encore Street Fighter 3 Third Strike, on commençait à comprendre que les heures de gloire du jeu de combat 2D étaient derrière nous.
C’est en 2008, environ 8 ans après le dernier opus de Street Fighter 3 sur Dreamcast, que, pris d’un élan de nostalgie, Capcom sorti Street Fighter 4 sur PS3 et Xbox 360. Et là ! Ce fut une claque ! Quel bonheur de revoir tous les combattants, que l’on avait adorés à l’époque des 16-bits revenir sur les machines de l’époque dans un jeu s’appuyant sur ce qui avait fait le succès de la franchise tout en apportant une vraie touche de modernité.
Depuis, le genre combat en 2D revient régulièrement nous faire des piqures de rappel avec notamment Street Fighter 6, Dragon Ball Fighter Z ou encore dans un genre plus original la série des Mario Smash Bros qui, malgré une modélisation des personnages et des décors en 3D, propose un jeu de combat aux mécaniques 2D.
Un hommage au passé dépassé…
Arrivant alors comme un hommage à cette glorieuse époque du jeu de combat, Blazing Strike débarque sur nos machines modernes.
Blazing Strike vous proposera d’incarner 16 combattants ayant chacun leurs capacités. Un nombre de joueurs tout à fait correct en comparaison avec les jeux de l’époque. Les habitués du genre ne seront pas dépaysés par la maniabilité, puisque que cette dernière s’inscrit dans totalement dans la tradition, à base de quart de tour coup de poing, demi tour coup de pied, flèche de direction arrière pour se protéger etc.
Le joueur peut également réaliser des prises et des projections de son adversaire, ou le charger en appuyant sur les gâchettes. Durant le combat une jauge « super » se remplira à mesure que vous porterez des coups à votre adversaire, vous permettant ainsi de déclencher une attaque spéciale en exécutant une combinaison de touches assez simple telle que quart de tour avant suivi des deux boutons de coups poings.
Rien de très surprenant ou innovant, et on a clairement l’impression de jouer à Street Fighter ce qui montre que le jeu cherche surtout à rendre hommage aux titres de l’époque plutôt que de révolutionner le genre.
Le jeu reste assez facile à prendre en main : les combinaisons de touches sont relativement simples et répondent bien. Cependant on ne peut que constater à quel point les manettes originales de la Switch ne sont pas du tout adaptées au combat 2D.
L’absence de croix directionnelle se fait cruellement ressentir et la fragilité bien connue des joysticks de la console de Nintendo ne donne pas envie de trop se lâcher pendant les combats. Il est clairement nécessaire d’investir dans une manette traditionnelle pour pouvoir profiter confortablement de Blazing Strike. Évidemment ce bémol n’est pas à mettre sur le dos des développeurs du jeu mais sur le hardware de Nintendo.
Quoiqu’il en soit, même si le jeu est relativement simple à jouer, les sensations ne sont pas non plus exceptionnelles, la faute à un gameplay vraiment trop classique et des combos qui n’impressionnent pas assez. On est loin d’un Marvel VS Capcom 2 sur Dreamcast et ses attaques à trois personnages simultanés. Le tout reste ainsi finalement un peu fade.
Parfois, ça pique les yeux
D’un point de vue visuel, le jeu est réalisé en pixel-art, toujours dans une démarche d’hommage aux grands jeux de l’époque. Niveau graphismes Blazing Strike se situe entre les générations 16 et 32-bits. La direction artistique est un peu vieillotte et on a vraiment l’impression de brancher une Megadrive ou une Saturn en péritel sur une TV HD.
Les pixels sont vraiment trop voyants ce qui nous donnerait presque envie de brancher la Switch sur notre bonne vieille Sony Trinitron (c’est possible avec un convertisseur HDMI vers peritel). L’animation est de la même trempe, vraiment, ce qui est limite pour un jeu 2D qui sort en 2024.
Rendre hommage c’est bien mais il ne faut pas oublier les progrès réalisés au fur et à mesure des années. Blazing Strike fait vraiment pâle figure en comparaison aux productions du même genre sorties sur Dreamcast il y a plus de vingt ans.
Toutefois, il faut quand même noter que Rarebreed Makes Games, le studio qui produit le jeu, n’a pas les moyens financiers de Capcom, SNK et autres mastodontes du J.V.
Trop de nanani nanana
Blazing Strike vous propose plusieurs modes de jeux dont les traditionnels modes arcades, versus et 2024 oblige : mode en ligne. Là où le jeu tente de se démarquer, c’est par son mode histoire assez fourni. Le récit vous embarque dans un mode post catastrophe climatique où l’humanité cherche à découvrir des nouveaux mondes habitables à travers de nouvelles dimensions.
Bien qu’il soit toujours appréciable de voir que les développeurs ont cherché à travailler l’histoire pour un jeu de combat, le récit de cette dernière est relativement lourd et long, cela ayant pour conséquence de casser complètement le rythme du jeu.
On assiste à des scènes de dialogues interminables pouvant durer plus de cinq minutes entre chaque combat. Au final pour une minute de combat, on a droit à cinq minutes de lecture.
Ajoutons à cela une présentation des dialogues qui laisse vraiment à désirer : les mots apparaissent lettre par lettre avec une espèce de bruitage de machine à écrire numérique – ce qui est assez agaçant – le tout présenté dans un rectangle bleu nous rappelant l’époque des ordinateurs Thomson TO9. Heureusement que le jeu nous offre la possibilité de zapper les dialogues.
Une histoire fournie, OK ! Mais on est quand même pas dans un Final Fantasy. Il ne faut pas oublier que ça reste un jeu de combat 2D et qu’on ne peut pas avoir cinq à six fois plus de temps de lecture que de combat.
Enfin au niveau sonore le jeu est dans la lignée du reste : moyen ! Les mélodies ne sont pas vraiment marquantes sans pour autant être inaudibles. Ne vous attendez pas à avoir des compositions mémorables comme le stage de Ryu dans Street Fighter 2.
De même pour les musiques durant les phases de dialogues, on est plus proche de musique d’attente lorsque que l’on appelle France Travail que d’une mélodie de jeux vidéo. On soulignera quand même la bonne surprise d’avoir un des personnages qui parle en français durant les phases de combats.
Finalement en voulant rendre hommage aux classiques du genre, Blazing Strike est un jeu s’inscrivant dans la tradition du genre mais qui n’apporte pas grand chose de nouveau et de palpitant. Un peu comme pour le test de Karate Kids on est face à un jeu neo-rétro qui n’aura qu’une conséquence : nous donner envie de ressortir nos vieilles consoles pour relancer un King of Fighter ou un Street Fighter.







