Après Nintendo, c’est au tour de Sony et Microsoft de prendre la même position face aux droits de douane imposés par les États-Unis. Les trois constructeurs semblent au moins parfaitement d’accord sur un point : si Washington doit finalement rembourser les sommes perçues illégalement, les joueurs américains ne devraient pas forcément voir la couleur de cet argent.
L’affaire remonte à 2025, lorsque les États-Unis ont imposé des droits de douane sur différents produits importés. Ces mesures ayant depuis été jugées illégales, le gouvernement américain doit désormais rembourser les entreprises concernées. En juillet dernier, Sony estimait ainsi pouvoir récupérer environ 508 millions de dollars auprès des autorités américaines.
Mais Sony ne compte visiblement pas redistribuer cette somme aux consommateurs. Les avocats du constructeur ont expliqué cette semaine que l’entreprise n’aurait aucune obligation légale de reverser le remboursement à ses clients. Une position qui s’appuie notamment sur le fait que Sony avait répercuté le coût des droits de douane sur le prix de ses produits vendus aux États-Unis.
Microsoft adopte exactement la même ligne de défense. Le constructeur fait face à une plainte déposée par un joueur devant un tribunal fédéral de l’État de Washington, qui estime que les consommateurs devraient bénéficier du remboursement obtenu par l’entreprise. Microsoft conteste cette interprétation et affirme qu’un client ayant acheté une Xbox au prix affiché a simplement obtenu le produit pour lequel il avait payé.
Dans ses arguments devant la justice, Microsoft estime ainsi qu’il n’y a rien d’injuste à ce qu’un consommateur achète une Xbox au prix annoncé, même si l’entreprise récupère ensuite une partie des coûts liés aux droits de douane. Une manière assez directe de rappeler que, pour le constructeur, les économies réalisées après la vente ne constituent pas automatiquement un remboursement dû au client.
Le dossier est cependant loin d’être terminé. Sony et Microsoft doivent encore affronter la justice américaine, et aucune décision définitive n’est attendue avant plusieurs mois. Selon l’issue de ces procédures, les constructeurs pourraient donc être contraints de revoir leur position.
En attendant, la situation a quelque chose d’assez cocasse : Nintendo, Sony et Microsoft se retrouvent exceptionnellement réunis sur la même ligne, alors que leurs joueurs auraient probablement préféré les voir s’entendre sur une baisse des prix plutôt que sur la question de savoir qui doit conserver plusieurs centaines de millions de dollars. La guerre des consoles prend décidément des formes de plus en plus originales.

