Le jeu Barbarian Saga: The Beastmaster a été testé sur PS5. Merci à l’éditeur
Ah, le Metroidvania ! Ce bon vieux genre qui nous promet à chaque fois des cartes gigantesques, des passages secrets, des pouvoirs à débloquer et cette fameuse petite voix intérieure qui nous dit : « Attends… je suis sûr qu’il y avait un passage ici ! ». Avec Barbarian Saga: The Beastmaster, Dormidin Studio et Selecta Play nous ramènent dans une fantasy très rétro, fortement teintée de dessin animé des années 80 et 90.
Et difficile de ne pas penser immédiatement aux grandes heures de la fantasy musclée. Le héros, Ren, est un Beastmaster capable de se transformer et semble tout droit sorti d’une vieille jaquette de jeu vidéo ou d’une série animée du samedi matin. Dernier survivant de son peuple après le massacre perpétré par une créature appelée le Sculptor, Ren est devenu gladiateur contre son gré. Jusqu’au jour où il décide que la plaisanterie a assez duré.
Son évasion va l’amener à croiser une épée démoniaque parlante et à se lancer dans une aventure mêlant vengeance, monstres, magie et exploration. Sur le papier, tous les ingrédients sont là pour nous concocter un sympathique cocktail rétro. Et bonne nouvelle : Barbarian Saga: The Beastmaster possède suffisamment de personnalité pour attirer l’attention. Malheureusement, quelques maladresses viennent régulièrement lui mettre des bâtons dans les roues.
Bienvenue dans l’arène !
Le premier contact avec Barbarian Saga: The Beastmaster est plutôt agréable. Le jeu affiche immédiatement une direction artistique très marquée, avec ses personnages dessinés à la main, ses couleurs vives et son bestiaire particulièrement fourni. On sent clairement la volonté de rendre hommage à une certaine fantasy populaire des années 80 et 90.
Ren a d’ailleurs une bonne tête de héros de l’époque. Musclé, cheveux au vent, grosse épée à la main et prêt à découper tout ce qui bouge : on est loin du héros torturé en armure grise qui regarde ses pieds pendant trois heures. Ici, ça cogne !
Le début de l’aventure nous place rapidement dans un monde assez vaste. On peut explorer différentes zones, rencontrer de nombreux ennemis et commencer à comprendre les mécaniques du jeu. Le principe reste évidemment celui d’un Metroidvania classique : certaines zones sont inaccessibles au départ et nécessitent de nouvelles capacités pour pouvoir être explorées correctement.
Et c’est là que les choses deviennent parfois un peu compliquées.
Perdu dans la jungle
L’exploration constitue probablement le principal problème de Barbarian Saga: The Beastmaster. Le jeu aime nous laisser relativement libres, ce qui est une bonne chose sur le papier. Le souci, c’est qu’il ne nous indique pas toujours clairement où aller ensuite.
Très rapidement, on peut se retrouver à visiter plusieurs grandes zones sans réellement savoir laquelle contient la progression nécessaire. Personnellement, j’ai fini par parcourir des kilomètres de décors avant de mettre la main sur un simple permis royal permettant de poursuivre l’aventure.
Ce n’est pas forcément dramatique pour les vieux briscards du genre. Après tout, les Metroidvania aiment nous faire tourner en rond. Mais ici, le level design manque parfois de petits indices permettant de comprendre naturellement notre prochaine destination.
La carte n’aide malheureusement pas énormément. Elle permet de visualiser les différentes zones, mais reste assez sommaire et ne propose pas suffisamment d’indications sur les endroits importants. Les contours des salles restent également parfois difficiles à interpréter, même après leur exploration.
Heureusement, le voyage rapide est disponible assez tôt et permet de se déplacer entre les différents points de sauvegarde. Un excellent choix qui évite au jeu de transformer chaque aller-retour en randonnée pédestre de trois heures.
Ça tranche plutôt bien
Heureusement, lorsqu’il faut sortir l’épée, Ren se débrouille plutôt bien.
Les affrontements reposent sur des attaques classiques, mais aussi sur la possibilité de parer certaines attaques ennemies. Le système reste relativement simple à prendre en main, tout en demandant un minimum de timing face aux adversaires les plus coriaces.
Et c’est surtout contre les boss que le jeu montre son meilleur visage.
Ces affrontements proposent généralement des patterns reconnaissables et demandent davantage d’observation que les combats classiques. Le premier gros affrontement contre une créature arachnide est par exemple une bonne surprise. Ses attaques sont variées, lisibles et suffisamment dangereuses pour nous obliger à rester concentrés.
Après plusieurs tentatives, la victoire procure donc une vraie petite satisfaction. Et comme dans tout bon Metroidvania, la récompense est à la hauteur : une nouvelle capacité permettant d’accéder à des endroits jusque-là inaccessibles.
C’est simple, efficace et ça fonctionne.
Des pouvoirs à la pelle
La progression de Ren constitue d’ailleurs l’un des aspects les plus intéressants de l’aventure. En récupérant différentes capacités, le héros peut progressivement retourner dans les zones précédemment visitées afin de découvrir de nouveaux passages.
Le système de nouvelles attaques liées aux armes cassées est toutefois moins convaincant. Il faut récupérer certaines armes, les échanger puis dépenser de l’or pour obtenir de nouvelles techniques. L’idée est intéressante, mais toutes les capacités ne se valent pas.
Certaines peuvent réellement faciliter les combats ou permettre de toucher des ennemis situés en hauteur. D’autres semblent beaucoup moins utiles et donnent davantage l’impression d’être là pour compléter la collection que pour bouleverser notre façon de jouer.
On apprécie malgré tout cette volonté d’offrir différentes possibilités au joueur. Barbarian Saga: The Beastmaster n’est pas totalement dépourvu d’idées, loin de là. Son problème est plutôt de ne pas toujours savoir lesquelles méritaient d’être poussées davantage.
Des monstres qui ont du caractère
L’autre bonne surprise vient du bestiaire. Le jeu ne se contente pas de recycler trois gobelins et deux squelettes pendant quinze heures. Les environnements proposent une belle variété d’ennemis, avec des créatures capables de nous attaquer de différentes manières.
Certains adversaires sont même suffisamment vicieux pour transformer une petite traversée tranquille en véritable séance de remise en question personnelle. Les ennemis volants sont particulièrement agaçants lorsqu’ils commencent à nous arroser depuis l’autre bout de l’écran.
Il arrive aussi que certains adversaires profitent un peu trop de la géométrie des décors pour nous attaquer sans réellement pouvoir être atteints. Ce genre de situation est beaucoup moins amusant et donne parfois le sentiment que la difficulté vient davantage du placement des ennemis que d’un véritable challenge.
Mais dans l’ensemble, les combats restent plaisants et suffisamment dynamiques pour donner envie de continuer à avancer.
Une vraie gueule de vieux dessin animé
S’il y a bien un domaine dans lequel Dormidin Studio réussit à imposer sa patte, c’est la direction artistique.
Les graphismes entièrement dessinés à la main donnent au jeu une identité immédiatement reconnaissable. Les personnages sont expressifs, les environnements colorés et le bestiaire suffisamment varié pour éviter la monotonie.
Le style assume également un certain fan-service qui ne laisse pas beaucoup de place à la sobriété. Les personnages féminins ont été dessinés avec une générosité toute particulière et semblent eux aussi sortir d’une production fantasy des années 80 ou 90.
C’est parfois franchement excessif, mais cela participe aussi au charme particulier du jeu. Barbarian Saga: The Beastmaster sait ce qu’il veut être et ne cherche clairement pas à ressembler au dernier Metroidvania réaliste à la mode.
Sur Nintendo Switch, le tableau est toutefois moins flatteur. L’ensemble manque parfois de fluidité et certaines illustrations apparaissent légèrement floues. Rien qui rende l’aventure injouable, mais suffisamment pour rappeler que cette version aurait mérité quelques finitions supplémentaires.
La bande-son, quant à elle, accompagne correctement l’action sans véritablement marquer les esprits. Elle fait son travail, ni plus ni moins.
Quelques coups de finition auraient fait du bien
Plusieurs petits détails viennent malheureusement rappeler que Barbarian Saga: The Beastmaster est encore loin du niveau de finition des meilleurs représentants du genre.
Les textes sont parfois maladroits, avec des problèmes de traduction et des dialogues inutilement longs. Le jeu possède pourtant une histoire intéressante, mais elle aurait gagné à être racontée avec davantage de simplicité.
L’interface manque également de certaines informations pratiques. Impossible, par exemple, de consulter facilement les missions en cours depuis le menu pause. Les commandes ne sont pas non plus toujours accessibles à volonté, ce qui peut devenir gênant lorsqu’on oublie une manipulation apprise plusieurs heures auparavant.
Ce sont de petits détails, mais mis bout à bout, ils donnent parfois cette impression de jeu qui avait plein de bonnes idées mais qui aurait eu besoin d’un dernier passage en atelier.
Ren a encore du boulot
Malgré ses défauts, Barbarian Saga: The Beastmaster n’est certainement pas un mauvais Metroidvania.
Son principal problème est plutôt de vouloir proposer beaucoup de choses sans toujours maîtriser parfaitement ses fondamentaux. L’exploration manque de clarté, la carte aurait mérité davantage de précision, certaines mécaniques de progression sont sous-exploitées et quelques problèmes techniques viennent ternir une direction artistique pourtant réussie.
Mais il serait injuste de réduire l’aventure à ses défauts. Le système de combat est agréable, les boss sont réussis, les capacités permettent de faire évoluer progressivement l’exploration et surtout, le jeu possède une véritable personnalité visuelle.
Il y a aussi quelque chose d’assez sympathique dans cette ambiance de fantasy rétro complètement assumée. On sent que les développeurs aiment leur sujet et ont voulu construire leur propre petit monde plutôt que de simplement appliquer une recette existante.









