La presse cinéma perd une figure culte. Après le récent départ de Marc Andersen, créateur de MEGA Force, c’est Jean-Pierre Putters, fondateur de Mad Movies et fervent défenseur du cinéma fantastique, qui nous quitte à son tour. Il est décédé le 14 Juillet 2025, à l’âge de 79 ans, laissant derrière lui un héritage profondément ancré dans la mémoire des amateurs de cinéma de genre.
Dans les années 70, alors que les monstres en plastique et les créatures en stop-motion faisaient rire ou fuir les critiques traditionnels, Putters choisit de leur consacrer un magazine. Mad Movies naît en 1972 sous forme de fanzine artisanal, et devient rapidement la référence du cinéma bis et fantastique. Il n’y avait ni Internet, ni DVD, mais dans ses pages, les passionnés trouvaient une porte d’entrée vers un monde décalé, bourré d’énergie et d’inventivité.
Érudit sans se prendre au sérieux, Putters multiplia les projets : la librairie Movies 2000, le magazine Impact, et plus tard Metaluna, où il soutiendra films, documentaires et créations indépendantes. Il écrivait comme il parlait : avec passion, sans filtre, toujours avec ce petit clin d’œil complice au lecteur. Son amour pour les « craignos monsters » et les productions fauchées n’était pas du second degré : c’était une vraie déclaration d’admiration à un cinéma libre.
Jean-Pierre Putters n’était pas seulement un rédacteur ou un éditeur : il était un passeur, un agitateur, un amoureux des marges. Grâce à lui, des milliers de cinéphiles ont appris à regarder autrement les films de genre, à aimer les défauts autant que les fulgurances. Son départ laisse un vide immense, mais aussi une trace indélébile dans l’histoire de la presse cinéma française. Salut Tonton Mad, et merci pour le voyage.

