La Légende de Vox Machina et The Mighty Nein (Le puissant Nein) sont disponible tout deux sur Amazon Prime Video
Alors, reprenons depuis le début. En 2015, une bande d’amis acteurs décide de lancer une web-série dans laquelle on les suivrait en train de jouer à Donjons&Dragons. Ce projet fut baptisé « Critical Role » et est d’ailleurs toujours en vigueur de nos jours (ils en sont à leur quatrième campagne).
Le succès fut tellement au rendez-vous qu’au fil des ans ils purent non seulement fonder une véritable société sous cette appellation mais également créer tout un ensemble de produits dérivés basés sur leurs parties de jeu de rôle. Parmi ces éléments, on retrouve rien de moins que deux dessins animés en coproduction avec Amazon : « La Légende de Vox Machina », inspiré de la première campagne, et « The Mighty Nein », qui adapte leur deuxième aventure de JdR.
Ce sont ces deux séries d’animation que l’on vous propose de vous présenter aujourd’hui à l’occasion de la sortie il y a peu de la saison 4 de « Vox Machina ».
LA LÉGENDE DE VOX MACHINA
Dans un monde médiéval fantastique, un groupe bigarré d’individus s’unit pour contrer les menaces qui pèsent sur le royaume. Dragons, sorciers, conspirations, vampires, démons et autres joyeusetés du même genre parsèmeront leurs aventures toujours plus épiques et fantasques les unes que les autres.
Tout cependant n’est pas rose car chaque membre de la troupe a également ses secrets, ses ambitions et surtout son propre sens de la morale. Ces divergences d’opinions amèneront bien souvent à des situations très tendues au sein du groupe, qui connaîtra alors des hauts et des bas au cours de leurs nombreuses péripéties toujours haletantes…
En ce début de quatrième saison, la fine équipe est d’ailleurs séparée depuis une bonne année et chacun tente de vivre sa vie de manière plus ou moins réussie. Assez paradoxalement, celle qui est de loin la plus mal en point quant à la situation se trouve être Pike, pourtant la plus douée du groupe – comparé à elle, les autres sont véritablement des bras cassés… Certains vivent la vie de château, d’autres de vagabond, mais le destin va les réunir pour affronter un immense danger auquel ils n’étaient absolument pas prêts… à commencer par Pike elle-même.
« La Légende de Vox Machina » ou tout simplement ‘Vox Machina’ pour les connaisseurs en est donc à sa quatrième saison et il faut bien le dire : elle reste totalement méconnue du grand public. Pourtant elle apporte un véritable vent de fraîcheur à l’univers D&D en lui administrant une sacrée dose d’humour et de drame. Et en ce qui concerne la première saison, pas mal de Trash également (elle s’assagit énormément dès la deuxième).
Les différents enjeux sont toujours de taille et la bande de pignoufs du début va se révéler particulièrement efficace face aux épreuves bien ardues qu’ils vont rencontrer sur leur chemin. Et surtout former une équipe soudée devant l’adversité, même si au fil du temps et des saisons ce lien va se briser petit à petit, chacun aspirant à ses propres desseins en ce monde.
Quoi qu’il en soit, tout est toujours écrit avec une certaine finesse malgré les contraintes évidentes de l’exercice – en dehors donc des blagues bas de plafond qui regorgent surtout dans la première saison. L’univers et les personnages devenant de plus en plus sérieux et matures au fur et à mesure des dangers grandissants qui accablent leurs vies, la série suit naturellement cette évolution avec un ton plus funeste. Notez que les différents protagonistes possèdent tous un passé très étoffé, probablement hérité de la fiche de personnage les ayant vu naître à l’origine sur le papier.
Bien sûr, on retrouve dans la construction des différentes mésaventures tout le style du jeu de rôle, avec des péripéties en permanence, des combats épiques toutes les trois minutes et autant de succès que de foirades dans les actions des protagonistes. Parce que oui, le dessin animé reprend bien les histoires et les scénarios qu’a connus la troupe lors de leur partie, y compris leurs ‘actions’ de lancer de dés (réussis ou perdus) et les dialogues qu’ils improvisèrent lors de ces aventures contées autour d’une table.
D’ailleurs ce sont ces mêmes joueurs – tous comédiens, on le rappelle – qui incarnent leur personnage en version animée (la série existe également dans une très bonne version française).
La qualité de l’animation en elle-même n’est pas en reste et fait véritablement honneur à ce qu’elle adapte. Si les environnements et les décors sont d’une indéniable beauté, c’est vraiment du côté du chara-design que tout le talent des graphistes va se révéler. Tout à chacun, des héros au personnage tertiaire, bénéficie d’un travail exemplaire en termes de costume, de couleur, de caractérisation. C’est vraiment de loin la plus grande réussite du show.
Pour finir, nous allons présenter brièvement tous les personnages de cette joyeuse troupe, histoire de faire connaissance : Tout d’abord nous avons les jumeaux elfes Vex’ et Vax’. Elle est archère et lui expert en infiltration. Sans oublier l’Ours domestique de la belle.
Ensuite nous avons Scanlan le barde magique, nain de son état et également dragueur invétéré.
Puis vient Percival De Rolo, l’aristocrate déchu expert en armes à feu qui ne songe qu’à se venger de ceux qui lui ont tout pris.
Une autre elfe, mais cette fois des bois avec Keyleth. Ses pouvoirs basés sur la magie de la Nature se développeront de manière spectaculaire au fil des saisons.
Et pour terminer le duo improbable composé du barbare stupide Grog et de celle qui est de loin le meilleur personnage du lot : Pike, la naine guérisseuse et religieuse mais qui ne parvient pas à canaliser sa soif de violence malgré son appartenance à un dogme prônant la paix et la lumière.
Une bande un peu dysfonctionnelle mais foutrement attachante avec laquelle on partage des heures d’aventures à la fois hilarantes et fascinantes.
THE MIGHTY NEIN
On reprend la même formule mais cette fois-ci en adaptant la deuxième campagne. Nouveaux personnages mais même univers et mêmes acteurs/joueurs qui ‘lancent les dés’. La campagne de ‘Mighty Nein’ se déroule 20 ans après la précédente, dans une autre contrée constamment au bord de la guerre.
Et ce n’est pas le vol du ‘Phare’ – un puissant artefact – qui va apaiser les tensions, bien au contraire. Au milieu de ces querelles de clochers vont se trouver plusieurs âmes perdues qui vont s’unir malgré elles pour tenter d’éviter le conflit à venir.
La grande différence avec ‘Vox Machina’, qui est déjà un groupe quand débute son aventure, c’est qu’ici chacun aura d’abord sa vie de son côté avant de se rejoindre petit à petit autour d’un événement dramatique au sein d’un carnaval itinérant.
La vie et le ‘background’ (comme on dit) des différents bougres sont encore plus poussés et les caractères encore plus disparates. Car entre la jeune ingénue toujours positive ayant été élevée dans un bordel et le sorcier venu de la campagne sans cesse au bord de la crise de nerfs, il y a un sacré décalage.
L’intéressant ici, c’est donc que les différents membres ne se connaissent pas, s’apprécient moyennement et surtout ne se font pas vraiment confiance les uns les autres, ce qui amène à une dynamique de groupe plus captivante encore que pour leurs homologues de l’autre série.
Par contre les enjeux au cours des huit épisodes sont plus flous, car si nous découvrons, nous spectateurs, les projets de l’antagoniste de la série, les héros, eux, n’en savent strictement rien et vont se retrouver mêlés à tout cela un peu par hasard après une période d’errance un peu pataude…
Toute l’intrigue va en fait tourner autour de cet étrange artefact très mystérieux qui semble avoir rien de moins que des pouvoirs divins et dont le peuple anciennement propriétaire se servait comme réceptacle pour les âmes des défunts afin de les redistribuer aux nouveau-nés. Un moyen de vivre pour des siècles en se réincarnant de génération en génération (par contre l’âme des nouveau-nés en question, elle disparaissait sans vergogne… un procédé extrêmement cruel et narcissique en somme…).
Sauf que l’objet possède bien plus de possibilités que cela, et qu’entre les mains du Grand Sorcier qui sert de méchant à la série, le Phare devient une arme capable de terrasser des armées entières en à peine quelques secondes…
Voilà grosso modo pour le contexte, duquel encore une fois les « Mighty Nein » ne savent rien… En vérité cette première salve d’épisodes va surtout servir d’exposition et ce jusqu’à la dernière seconde, où le dernier membre de la troupe les rejoint alors qu’il ne reste que quelques instants avant que la saison ne se referme… Un peu décevant sur ce point cependant le potentiel est là et si la suite est bien travaillée cela pourra donner une série d’animation de folie sur la longueur.
Une fois de plus, ce qui se démarque vraiment, c’est le look des protagonistes. Encore plus bariolés et affriolants, ils sont tous parfaits dans leur genre. On notera particulièrement le personnage de « Molly », fichtrement bien désigné et mis en couleur. Cependant notre préférence va à Nott la gobeline alcoolique, véritable bouffonne de l’équipe qui, plus d’une fois par ses répliques ou ses actions, nous a fait pouffer de rire devant notre écran.
Techniquement, les graphismes ont gagné en finesse et en prestance tandis que la mise en scène à elle aussi su s’affiner. Il y a toutefois un petit effet étrange quand on enchaîne les deux séries car ce sont évidemment les mêmes voix en VO mais aussi en VF (à quelques exceptions) dans des rôles très différents.
Rapide tour d’horizon de cette bande de joyeux lurons, de gauche à droite :
Beauregard Lionette dite « Beau », une moine-soldat enquêtrice hors pair.
Fjord Stone, un marin dépassé par les événements… et l’acquisition soudaine de puissants pouvoirs.
Jester Lavorre, jeune ingénue (hum hum…) toujours guillerette et passant son temps à dessiner… et pas que des fleurs ou des papillons…
Mollymauk « Molly » Tealeaf, assistant du M. Loyal de son cirque itinérant et n’ayant aucun souvenir de son passé…
Caleb Widogast/Bren Aldric Ermendrud : fils de fermier devenu puissant sorcier… mais instable mentalement. Et accessoirement la seule personne que craint le vilain de la série…
Nott la Brave, une gobelin voleuse et alcoolique drôle et protectrice. Pétrie de contradictions donc.









