Changement d’ère avec ce GTA IV qui marque une nouvelle étape dans la saga. Finie la 2D et la 3D, bienvenue dans la HD. Et nous voilà pour ce faire de retour une nouvelle fois à Liberty City dans une nouvelle itération de la ville, revue de fond en comble.
On y suit les mésaventures de Niko Bellic, devenu depuis une des icônes de la franchise de Rockstar. Tout n’a pourtant pas été facile pour lui. Avec son caractère réservé et son ton pessimiste, Niko est loin d’être un gai luron. Et le jeu adopte son point de vue : plus âpre, plus amer, plus terne. Ce qui ne sera pas du goût des fans… du moins à l’époque.
Partie 1 : Les Épisodes 2D ( et un peu d’ historique )
Partie 2 : Grand Theft Auto III – l’épisode révolutionnaire
Partie 3 : Grand Theft Auto Vice City – Brillant épisode
Partie 4 : Grand Theft Auto San Andreas – L’indépassable
Partie 5 : GRAND THEFT AUTO Liberty City Stories – épisode Populaire malgré tout…
Partie 6 : Grand Theft Auto : Vice City Stories – Une Valeur Sûre
Partie 8 : Test de GTA Chinatown Wars (PSP)
Partie 9 : GTA V – Prospère épisode
Partie 10 : GTA VI – Fantastique Promesse
Il faudra du temps à ce quatrième épisode pour s’imposer chez les joueurs de GTA. On lui reproche de trop se prendre au sérieux, d’avoir un personnage principal trop froid, pas assez déconneur et où l’humour semble avoir disparu au profit d’un sarcasme trop prononcé.
Ces reproches deviendront au fil du temps ses principales qualités, démarquant fortement le protagoniste de ses camarades des autres opus. Et les années passant, Niko s’impose alors comme un antihéros puissant et charismatique, rempli de failles, de forces et de faiblesses. Plein de nuances en somme… et loin d’être une caricature.
Il est intéressant de noter qu’il est le seul perso de tout le jeu à ne consommer aucune drogue dite dure. Son indépendance reste sa plus grande richesse et il ne la sacrifiera pas pour des plaisirs futiles. Mais il est aussi rongé par le remords et plein de noirceur, comme le lui fait remarquer tout du long son jovial cousin.
Il en aura fallu du temps, de l’argent et de l’énergie pour accoucher de ce quatrième GTA. Le gros du développement se fera sur trois ans et demi et emploiera pas loin d’un millier de personnes tout autour du monde. Son coût de production frôle les 100 millions de dollars, un budget colossal pour l’époque. Avec 25 millions d’exemplaires vendus (avec pas loin de 5 de plus pour les DLC), il sera pourtant plus que rentable.
Un tout nouveau moteur de jeu est conçu par Rockstar même (testé et approuvé sur Table Tennis), ainsi que toute une nouvelle mécanique de gestion des déplacements à la fois du personnage principal et des très nombreux quidams qui constitueront la population de cette Liberty City plus vivante et réaliste que jamais.
Les capacités des nouvelles générations de consoles permettent de pousser le niveau de détail à un niveau encore jamais vu tandis que les jeux de lumière passent allègrement à un stade supérieur.
Les pistes radio, la bande-son originale et tout ce qui concerne l’aspect sonore bénéficient de largesses de création et d’investissement qui doivent encore faire baver d’envie les productions actuelles.
Tous ces efforts, tout ce travail et surtout toute cette ambition bénéficieront à un titre qui demeure de loin sans doute le mieux écrit de la licence. À tout le moins le plus profond, le plus prenant, le plus ambivalent. Et peut-être aussi le plus justifié.
Le scénario est couché sur le papier par Dan Houser et Rupert Humphries. Ce dernier, arrivé chez Rockstar en 2008, apporte une nouvelle dimension aux jeux de la firme. Outre GTA IV, il participera à l’écriture de Red Dead Redemption II, Max Payne 3, L.A. NOIRE… un tournant dans la manière qu’à la société de conter ses histoires. On délaisse la déconne pure pour quelque chose de plus approfondi, plus mature. Grand Theft Auto, avec cette quatrième itération, arrive manifestement à l’âge de raison.
LE PAYS DES OPPORTUNITÉS
Et c’est ainsi qu’on débarque à Liberty City en compagnie du célèbre Niko Bellic. On y retrouve le cousin Roman, sa petite vie tranquille et son entreprise de taxi. Très vite Niko se familiarise avec la pègre locale où ses talents d’assassin froid et efficace sont mis à contribution. Très vite aussi on comprend la raison de la venue du Serbe dans cette ville : la vengeance.
Évoquons également Johnny Klebitz et Luis Fernando Lopez, les deux héros que l’on rencontre dans les deux extensions ; respectivement dans « The Lost and Damned » et « The Ballad of Gay Tony ».
Johnny est un biker conciliant qui devra faire face au retour du leader Billy Grey à la tête des ‘Lost’, un homme aigri qui ne rêve que de foutre le bordel et de faire revivre la guerre des gangs.
Luis de son côté est l’homme à tout faire de l’extravagant Tony Prince – dit Gay Tony –, propriétaire de deux boîtes de nuit.
Le liant qui unira les trois histoires sera un trafic de diamants secouant toutes les organisations criminelles de la ville. Des cailloux précieux qui seront présents tout le long du jeu en toile de fond jusqu’à un final assez cocasse lors de la séquence conclusive de Luis, qui ferme scénaristiquement le « dossier » GTA 4.
Quelques éléments à mettre en avant au sujet de ces DLC. Déjà précisons qu’il s’agit bien du Johnny Klebitz présent lors de la cinématique d’introduction de Trevor Philips dans GTA V, pour ceux qui savent.
Ensuite le second DLC (tBoGT en raccourci) est avec le recul un coup d’essai évident pour ce qui deviendra le cinquième épisode : saut en parachute, tableau de ‘score’ avec objectifs secondaires, gestion de la carte et de l’enchaînement des missions… Non vraiment, quand on joue à tBoGT, on sent véritablement que nous sommes à quelques encablures seulement de la future bombe GTA V.
Dire aussi que les interactions scénaristiques entre les trois protagonistes donneront bien sur l’idée à Rockstar pour le trio Trevor, Michael et Franklin auquel s’ajoutera « seulement » le switch à la volée entre les personnages.
LA CITÉ DE LA LIBERTÉ
Venons en maintenant au point de vue gameplay et technique. Premier point qui saute inévitablement aux doigts quand on joue : les véhicules NE FREINENT PAS !!
On vous assure que c’est cauchemardesque et que c’est ce qui causera à 90 % les écarts de conduite dans votre partie. Autant l’inertie et le côté ‘savonnette’ des bagnoles, on parvient à s’y faire, autant le manque de réactivité côté freinage devient très vite agaçant.
Heureusement qu’il existe l’astuce de l’appareil photo permettant de pallier à cela : lorsque vous conduisez, il faut activer l’appareil photo sur le portable du conducteur et le véhicule stoppe net. Il faut un peu de pratique mais c’est très rapidement indispensable.
Pour continuer sur les défauts techniques, les changements de file des PNJ sur les ponts (et uniquement les ponts !) de manière abrupte. C’est peut-être bête dit comme ça mais dans le jeu croyez-nous ça rend dingue même si on parvient à anticiper la chose au bout d’un moment.
Dans le même ordre d’idées, le Booth Tunnel (le seul du jeu) qui a parfois un peu de mal à se charger à temps (textures blanches si on y arrive trop vite ou éclairage en décalage à vitesse moyenne… à fond les manettes, on doit certainement pouvoir passer avant que le tunnel ne soit chargé, et donc se retrouver sous la map).
Pour en finir avec le douloureux chapitre des défauts, un système de ciblage des ennemis véritablement raté. Notre personnage ciblera automatiquement l’adversaire situé le plus face à lui, quelle que soit la distance et la menace de celui-ci.
Concrètement, votre pointeur ciblera un type planqué derrière un tonneau à 25 mètres alors qu’un autre sera à 2 mètres de vous à vous démonter au fusil à pompe car le mec du tonneau sera plus au centre du champ de vision de la caméra que votre agresseur direct. Rageant.
Mais en dehors de ces points noirs, le reste c’est du tout bon. La ville est grande, vivante, animée. Un véritable plaisir que de la découvrir et l’explorer. On retrouve les quartiers emblématiques de New York agencés de fort belle manière pour que le joueur ne se sente jamais vraiment perdu.
Sachez toutefois que pas mal de patrouilles de police sillonnent les rues de la ville et que six étoiles sont présentes au compteur. Bonne chance pour vous en sortir quand elles sont activées !
LES RUES DU PLAISIR
Visuellement on préférera ‘The Ballad of Gay Tony’ car ce chapitre semble plus fin et plus coloré, avec de meilleurs jeux de lumière. Cela vient principalement du fait que celui-ci n’a pas ce voile grisâtre (jeu principal, pour coller à l’état d’esprit de Niko) ou ce grain trop prononcé (« The Lost and Damned » pour créer ce côté ‘rocailleux’).
Liberty City gagne en beauté quand vient la nuit et qu’elle se pare de ses éclairages fascinants. Faire le tour de la carte en hélicoptère à la tombée du jour est un spectacle véritablement envoûtant.
Petite précision au passage : pas d’avions dans cet épisode, mais ils ne manquent pas. Vu la taille et la configuration de la ville, ils auraient été franchement superflus.
Car il faut bien préciser que GTA IV est un titre urbain, et uniquement urbain. Il y a Liberty City et ses différents quartiers… et rien d’autre. Pas d’immense zone de jeu à la San Andreas – pas de désert, de forêt, de patelin de campagne. Le titre se recentre et évite les dispersions dans tous les sens.
Ce point sera pour beaucoup dans la déception des joueurs qui ont l’impression d’avoir affaire à un espace de jeu bien moindre que dans l’inénarrable San Andreas (ce qui est le cas), avec de surcroît bien moins de choses à faire… (un peu moins le cas).
Les activités proposées ne sont pas en reste avec pas moins d’une bonne douzaine à découvrir à sa guise. Que ce soit du billard, du bowling, de l’Air Hockey à partager avec ses compagnons… On trouvera également des « affaires » plus obscures telles les assassinats ou les règlements de compte entre gangs. Sans oublier ses satanés pigeons à éliminer… au nombre de 200 !
Chacun des trois protagonistes aura des activités assignées : Luis est le seul à pouvoir faire du parapente par exemple et Johnny lui peut participer à des courses sauvages à moto dignes de Road Rash !
Il y a aussi tout le côté ‘social’ qui est mis en avant… sans doute trop d’ailleurs. En effet les relations entre nos héros et leurs amis sont retranscrites par le biais d’appels téléphoniques pour inviter telle ou telle relation à telles ou telles activités.
Ce qui se révèle franchement sympa au début devient au bout du centième appel un brin envahissant. Il y a cependant un gain à privilégier ses relations : au bout d’un moment chacune d’entre elles vous octroie un bonus de gameplay (armes spéciales, renforts, étoiles supprimées, etc.).
BILAN
Ce quatrième Grand Theft Auto, c’est le moins que l’on puisse dire, aura pas mal déstabilisé les joueurs, habitués à des ambiances moins lourdes et moins anxiogènes. C’est que Niko Bellic apporte autre chose à la saga satirique : un côté plus sombre et plus mature, moins grand-guignolesque et bas du front. Un peu de sérieux en somme.
Cependant le plaisir de jeu et de découverte reste intact. Parcourir les ruelles certes crasses mais ô combien réalistes de Liberty City pour y croiser sa faune sauvage restant un grand moment vidéoludique qui, avec le savoir-faire de Rockstar, ne manque pas de faire mouche.









