Avec ce Méga Dossier, nous voilà parti pour un long périple. Avec la sortie « prochaine » du très attendu sixième opus de GTA – calée pour le moment à la date du 26 mai 2026 – nous avons pensé à MegaForce que ce serait bien de revenir sur les différents jeux de la saga de Rockstar, avec un focus sur les épisodes en 3D, qui seront présentés dans l’ordre de leurs parutions respectives.
Pour autant, nous allons débuter par présenter le titre fondateur ainsi que les autres opus dit 2D dans la première partie de ce dossier.
Ceci ne sera pas cependant un historique exhaustif de la franchise revenant sur les moindres détails de la création des jeux (même si évidemment il y aurait bien des choses à raconter, de quoi en faire un bouquin en bonne et due forme) mais plus un tour d’horizon relatant chacun des épisodes dans ce qu’ils apportent, leurs nouveautés, leurs ambiances, leurs apports à la série, leurs particularités.
On n’échappera pas cependant à un peu de contexte et d’exposition pour bien lancer cette rétrospective, surtout pour présenter le studio créateur derrière ce qu’il est devenu commun de nommer ‘GTA’.
Préparez-vous pour un chouette trajet en bagnole à travers la plus grande satire de l’Amérique moderne car voici venir la review complète de Grand Theft Auto !
Partie 2 : Grand Theft Auto III – l’épisode révolutionnaire
Partie 3 : Grand Theft Auto Vice City – Brillant épisode
Partie 4 : Grand Theft Auto San Andreas – L’indépassable
Partie 5 : GRAND THEFT AUTO Liberty City Stories – épisode Populaire malgré tout…
Partie 6 : Grand Theft Auto : Vice City Stories – Une Valeur Sûre
Partie 7 : GRAND THEFT AUTO IV – Le tournant essentiel
Partie 8 : Test de GTA Chinatown Wars (PSP)
Partie 9 : GTA V – Prospère épisode
Partie 10 : GTA VI – Fantastique Promesse
LES ORIGINES
C’est au Royaume-Uni que commence l’aventure GTA, et plus exactement en Écosse. Nous sommes alors dans les années 90 et le petit studio DMA Design – créé par un passionné de jeu vidéo du nom de David Jones – signe quelques petits jeux qui feront sensation, dont un certain ‘Lemmings’ en 1991. Après un bal assez mouvementé de vente-rachat de studio par des labels plus ou moins gros, les développeurs se retrouvent sous l’égide de BMG Interactive, pour lequel ils ont pour projet de sortir un jeu ‘de voiture’ en vue zénithale : Race ‘n’ Chase.
Le but de ce titre ambitieux est d’incarner une patrouille de police dans une carte gigantesque (et donc vue du dessus) et d’y empêcher crime et délit. On pourra s’y déplacer aussi bien en véhicule des forces de l’ordre qu’à pied pour réussir ses missions. La démo envoyée chez BMG plaît assurément, mais il lui manque un petit quelque chose. Le ‘petit truc en plus’ qui ferait la différence.
C’est là qu’intervient Sam Houser, responsable des relations entre DMA et BMG. Il remarque dans les options multijoueur du jeu un mode qui le fait tiquer : le vol de banque.
Comme attendu par la promesse initiale, on y incarne une patrouilleuse ayant pour mission de capturer le véhicule des voleurs avant qu’il ne leur file entre les doigts. Mais il existe également la contrepartie avec la possibilité d’incarner la bagnole des malfrats qui eux doivent échapper à la police avant de rejoindre leur planque.
« Bingo ! » se dit Sam devant ce qui ne devait être qu’une option de jeu parmi d’autres. Il parvient à convaincre Dave Jones de renverser le concept de ‘Race’n’ Chase’. On y incarnera non plus la police, mais les voleurs. De ce simple effet de miroir, le jeu gagne en personnalité, en densité et aussi avouons-le, en provocation. Un aspect d’ailleurs bien loin de déplaire au sieur Houser.
Là ou dans la peau de l’agent de police il n’était pas envisageable de griller les feux rouges à tout bout de champ, de tirer à l’envie parmi la population ou même d’avoir la possibilité de conduire autre chose que sa bagnole de flic, du point de vue des voleurs il en est tout autre chose.
Conduite fiévreuse et irresponsable avec au passage possibilité d’écraser – exprès ou non – les piétons, utilisation des armes à feu à n’importe quel moment, n’importe quel endroit et n’importe quelle circonstance et surtout – surtout – la possibilité de voler n’importe quel véhicule croisé en ville.
D’un concept innovant dans la forme mais assez convenu dans le fond, ce renversement de balancier transforme le projet en un titre profondément ‘poil à gratter’.
Le développement avance malgré quelques frayeurs de la part des pontes de BMG qui voient chez les concurrents l’avènement de la 3D qui pourrait bien occulter leur petit jeu et ses graphismes un poil dépassé. Sam Houser insiste et sauve le jeu de l’annulation à quelques reprises.
En parallèle de la fin de la programmation se lance une campagne de marketing dite ‘agressive’ en engageant un certain Max Clifford, au profil pour le moins clivant… L’homme finira ses jours en prison.
Les rumeurs enflent. La réputation grandit. Et finalement arrive l’année 1997 et la sortie du jeu qui entre-temps a changé de nom pour mieux refléter le changement de paradigme. Adieu ‘Race ‘n’ Chase’, bonjour ‘Grand Theft Auto’…
Grand Theft Auto (GTA)
Date de sortie Fr : 1er Octobre 1997
Année de l’action : 1997
Développé par : DMA Studio (Tarentula Studio pour la version Game Boy Color)
Distribué par : BMG Interactive
sorti sur : PC, Playstation, Game Boy Color (1999) – compatible Game Boy et Game Boy Player
Dans la peau d’une crapule des bas-fonds de Liberty City, nous devons mener à bien plusieurs missions pour différents gangs, nous permettant de nous en mettre plein les fouilles au passage.
En soi il n’y a pas plus de choses à dire en ce qui concerne le fond de l’histoire. Nous voyagerons dans cet épisode fondateur dans les trois grandes villes principales de la franchise, à savoir Liberty City, San Andreas et Vice City où nous serons toujours plus ou moins dans la même situation de ‘petite main’ œuvrant pour des organisations criminelles sans foi ni loi (voir pour des flics pourris jusqu’à l’os).
Par contre, c’est bien dans ses possibilités que le titre se démarque. Nous pouvons déambuler à loisir dans des villes qui pour l’époque étaient rien de moins que gigantesques et faire à peu près ce que l’on veut. L’exploration pure des différents environnements – sans rien faire d’autre – peut déjà remplir de très nombreuses heures de jeu.
Le cœur de l’aventure consiste cependant bien à remplir ces fameuses missions, disponibles soit en décrochant des téléphones publics soit en grimpant dans des voitures spécifiques. Les objectifs de ces ‘contrats’ seront assez variés, même si en terme de gameplay on restera sur de la conduite (en voiture) ou bien des affrontements armés (à pied).
La maniabilité étant ce qu’elle est, se maintenir en vie n’est pas simple, et contrairement aux futurs opus nous sommes pourvus ici de 5 vies (par cité) et pas une de plus. Le Game Over est donc possible.
Le périple du personnage de ville en ville se fera via un nombre de points à atteindre dans chacune d’entre elles. Chaque mission rapporte des points si on la réussie mais en fera perdre si on échoue. Gaffe donc.
Ces points sont en fait de la menue monnaie et servira donc également pour les dépenses utiles, entre armes plus puissantes, protections diverses et véhicules plus maniables. Atteindre le score attendu n’est donc pas forcément des plus simple et cela nécessitera nombre d’essais pour parvenir au but. Cependant une fois atteint une nouvelle ville, les compteurs sont remis à zéro à tous les niveaux et nous voilà reparti pour un tour.
Particularité de ce galon d’essai, nous aurons le choix de notre personnage principal parmi une liste variant entre 4 et 10 profils en fonction des versions. Y compris des femmes d’ailleurs signalons-le, même si en soi cela ne change absolument rien au cours de l’aventure (la gent féminine est absente sur Playstation). Sur Game Boy Color, 15 personnages supplémentaires sont cachés, dont un vampire (et oui !).
Il se vendra plus de 2 300 000 exemplaires du jeu, dont 1 million de copies sur la seule année 1998. La version Game Boy, sortie bien plus tard (2004), s’écoulera elle à raison de 240 000 cartouches. Malgré des critiques pas toujours tendres, GTA aura su conquérir le public, ouvrant la voie à des suites potentielles.
Grand Theft Auto : London 1969 – Pack de Mission #1 (GTA London)
Date de sortie Fr : 31 mars 1999
Année de l’action : 1969
Développé par : Rockstar Canada
Distribué par : Rockstar Games
sorti sur : PC, Playstation
Londres, en 1969. Le destin d’un petit malfrat qui de vols en trahison, de meurtres en corruption deviendra le parrain de la capitale anglaise.
La recette est identique à son jeu-mère – car oui, London 69 est une extension, la première à paraître sur PS1 (le jeu de base était nécessaire pour lancer le titre) – bien qu’adapté à la vie et la culture londonienne, of course. Dont le fait le plus notable est bien entendu la conduite à gauche, ce qui l’air de rien change pas mal la donne.
Pour le reste même topo ou presque. Des missions obtenues depuis des cabines téléphoniques (les rouges, typiques du pays) ou des véhicules prévus à cet effet. Une trentaine de missions sont à réussir pour parvenir au bout du scénario.
Là encore nous avons le choix du protagoniste parmi une liste de huit personnages, cette fois uniquement des hommes. Et cette fois encore, cela n’a aucun impact sur les capacités de notre antihéros du jour. C’est purement cosmétique.
Se voulant une réponse cinglante aux critiques de quelques membres du gouvernement britannique ayant quasiment fait interdire le premier GTA au Royaume-Uni, cette extension so british se vendra à 110 000 exemplaires.
Grand Theft Auto : London 1961 – Pack de Mission #2 (GTA London 1961)
Date de sortie Fr : 1er juin 1999
Année de l’action : 1961
Développé par : Rockstar Canada
Distribué par : Rockstar Games
sorti sur : PC
Londres, huit ans plus tôt. On retrouve nos mêmes lascars pour un nouveau scénario ayant toujours lieu dans la capitale anglaise.
Ce second add on du premier GTA se veut très court (il sort quelques mois après ‘1969’ et uniquement sur PC – c’est toujours le cas aujourd’hui) en ne proposant que huit missions. Ce faible chiffre est tout de fois contrebalancé par le fait que chacune d’entre elles se révèle un véritable challenge et qu’il faudra bien des essais pour parvenir à en voir le bout.
S’ajoutent aussi 22 nouveaux véhicules, ce qui n’est pas rien. Cela permet de diversifier grandement la conduite dans les rues londoniennes.
Au passage, profitons-en pour noter que 1) les « London » sont les seuls jeux GTA à ne pas se dérouler aux États-Unis et de 2) sont les seuls jeux à se dérouler dans une ville réelle, et non pas dans une version détournée de celle-ci. Particularité propre à cet épisode, il s’agit chronologiquement du plus ancien des Grand Theft Auto.
La véritable plus-value de cette extension d’extension vient donc non pas de son scénario mais de son aspect multijoueur, qui lui est grandement développé. Car bien qu’il était déjà possible de pratiquer les GTA à plusieurs via LAN et dans des conditions assez biscornues (surtout vu de nos jours), l’exercice est rendu plus pratique ici et surtout propose de nouveaux modes. On y trouve ainsi des courses, divers défis de conduite et même des matchs à mort.
Il est même possible d’y sélectionner une carte qui nous fait quitter momentanément la capitale pour Manchester. Et rien que pour ça, ce ‘London 1961’ est assurément à essayer.
Grand Theft Auto 2 (GTA 2)
Date de sortie Fr : 22 octobre 1999
Année de l’action : 1999 ?, 2013 ?
Développé par : DMA Design (Tarentula Studio pour la version Game Boy Color)
Distribué par : Rockstar Games
sorti sur : PC, Playstation, Dreamcast, Game Boy Color – compatible Game Boy Player
Dans la ville d’Anywhere City, à une époque indéterminée, on incarne Claude Speed (ou un personnage à choisir parmi 6 sur la version GBC, dont deux femmes), qui de petits boulots en magouilles suspectes va gravir les échelons du milieu de la pègre. Loin d’être une activité de tout repos, il devra jongler entre les différents gangs et leurs affiliations plus ou moins marquées pour se faire une place ‘parmi les grands’.
Ha ! GTA 2. Indéniablement un opus un peu à part dans la série. Très apprécié pour ses nombreuses mécaniques très intéressantes, notamment sur la notion de ‘respect’ envers les sept gangs présents en ville, il n’en demeure pas moins le plus « space » dans l’univers qu’il met en place.
Des véhicules au design rétro-futuriste, une ville ‘anonyme’, une temporalité opaque… et pourtant on est happé par cet ensemble un peu brumeux dû à la réussite indiscutable du titre.
Techniquement on reprend le même schéma que les jeux précédents en améliorant tous les aspects : lumières, zooms, météo (surtout sur PC), missions secondaires, objets bonus, les radios etc… sans oublier le multijoueur qui reste malheureusement toujours aussi peu pratique en terme de connexion entre joueurs. Soyons un brin chauvin sur MegaForce en mettant en avant la version Dreamcast qui est une vraie petite merveille graphique.
Le système de sauvegarde est aussi sinueux et original que le reste : il faut pour enregistrer sa progression tout d’abord dégoté en ville une église et une fois cela fait payer une somme assez rondelette (le système de points/argent demeure inchangé). Le prix de la Foi.
Mais la grande particularité de ce GTA2, dans un titre qui en est pourtant rempli, c’est le célèbre court-métrage qui ouvre le bal dans le menu du jeu. Version raccourcie d’un film promotionnel d’une durée initiale de 8 minutes (visible ci-dessous), on ressent dans ces images tout l’amour du cinéma américain des années 70 et 80, surtout dans les genres du thriller et du politique.
Pas inutile de relever que toute l’imagerie future de la franchise basée sur des ‘splitscreen’ (écran partagé) – les jaquettes en premier lieu bien sûr – prend naissance dans cette version ‘Live’ de GTA.
3 420 000 copies seront vendus de ce deuxième épisode. Un chiffre loin d’être négligeable. L’aura de la licence commence petit à petit à prendre de l’ampleur.
Grand Theft Auto (GTA ADVANCE)
Date de sortie Fr : 22 octobre 2004
Année de l’action : 2000
Développé par : Digital Eclipse
Distribué par : Rockstar Games
sorti sur : Game Boy Advance
Mike et Vinnie sont deux crapules de Liberty City sur le point de quitter la ville. Mais avant cela, Vinnie envoie son ami pour un dernier petit boulot, avant de se retrouver sur un parking pour tout laisser derrière eux.
Au moment de rejoindre la voiture où l’attend Vinnie, celle-ci explose sous les yeux horrifiés de Mike. Dès lors il n’aura de cesse de venger son ami… quitte à mettre la ville à feu et à sang !
Ce dernier épisode « vue du dessus » ne fait pas partie de la saga dite « 2D Universe » mais bien de celle nommée « 3D Universe » (GTA III et consorts). Il se déroule chronologiquement une année avant les événements du mythique troisième opus qui fera l’objet de notre prochain chapitre. Il fait donc office de ‘trait d’union’ entre la période 2D et 3D de la saga.
À la base il devait être un portage stricto sensu du III, avant que les plans ne changent devant les tonnes de concessions qu’il fallait faire pour tout faire rentrer sur une cartouche de Game Boy Advance. D’où la création d’un tout nouveau scénario et du parcours sanglant de Mike dans un Liberty City très proche de la version 3D en ce qui concerne la carte.
Bien entendu, les limitations techniques de la console portable de Nintendo (qui reste pourtant une bonne machine) ne permettent pas d’égaler les versions PC et consoles de salon des GTA de l’époque. Surtout quand on sait qu’il sort le même jour qu’un certain San Andreas, ce qui lui vaudra bien malgré lui une mauvaise réputation.
Il faut dire que cette version Advance semble sortir une génération trop tard, et de ce fait propose une aventure ‘régressive’ par rapport à ce qu’est devenue la licence au moment de sa sortie, en 2004.
L’exemple le plus marquant de cette reculade se fait au niveau des « radios », qui ne consistent ici qu’en de simples musiques répétées en boucle (un morceau unique dès lors qu’on monte dans un véhicule, avec impossibilité d’en changer) et tirés de chansons de GTA 2 (a l’exception d’un morceau provenant du premier).
En tant que préquelle de bon aloi, on y retrouve quelques têtes connues, comme par exemple 8-ball avec qui on s’évadera du fourgon lors de l’introduction du III. L’histoire met de fait en place la situation telle qu’on la découvrira « un an plus tard ».
De fait, on retrouve dans cet épisode encore aujourd’hui exclusif à la GB Advance l’essence de la période 2D mais dans les atours de la période 3D. Malheureusement pour lui, à l’ère de Vice City et San Andreas il fait bien pâle figure. Il ne trouvera « que » 240 000 acquéreurs curieux, à des années-lumière des ventes pharaoniques de San Andreas, qui frôleront elles les 30 millions d’unités vendues…












